A 38 ans, El Hadji Ndiaye peut se targuer d’avoir pris le chemin inverse de beaucoup de jeunes sénégalais. Au moment où le désert lybien et la Méditerranée sont devenus des cimetières à ciel ouvert pour de nombreux jeunes subsahariens qui veulent immigrer vers l’Eldorado européen, il a préféré revenir au bercail, plus précisément dans le Saloum, pour investir dans l’agro-business.
Pourtant, à 26 ans, ce produit de l’école coranique qui avait passé 8 ans entre la Gambie et le Sénégal dans les ateliers de couture, avait un bon salaire d’ouvrier agricole dans les plantations de poires de Saragosse, en Espagne. Un poste qu’il va délaisser pour rallier la France puis la Belgique ensuite l’Allemagne à la quête de plus d’opportunités et d’expériences. En 2018, il décide de tout laisser pour revenir au Sénégal malgré la mise en garde du cercle familial et des amis. Convaincu qu’il pouvait réaliser ses rêves au pays de ses aïeuls. Ainsi, il va mettre en place la « Sahiboul Fayda Ibrahimya Niass Door Waar ». Malgré les difficultés rencontrées sur le terrain de l’entrepreneuriat, il va insister pour trouver sa voie.
En 2019, El Hadj Ndiaye qui manie plusieurs langues dont l’arabe, l’espagnol, le français et le Wolof, créé le Groupement d’Intérêt Économique (GIE) « Al Fayda Door Waar ». L’ancien immigré qui est peint comme un « gladiateur » dans le travail et un amoureux de la terre par ses collaborateurs, a toujours des idées novatrices qu’il n’hésite jamais à expérimenter sur le terrain. Président des Coopératives « Suxali Mbay de Kaolack » et de la Société des Coopératives Agricoles pour la Souveraineté Alimentaire du Sénégal (SCASAS), il veut participer à la quête de la souveraineté alimentaire prônée par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko qui ont comme volonté de mettre 10% du budget national dans le secteur de l’agriculture.
Ndiaye Kébé BIAYE
(Correspondant à Kaolack)