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Samuel Eto’o : “Au Qatar, il n’y a pas d’agressions, pas de vol ni drogue…”

Ambassadeur de la Coupe du Monde 2022, au Qatar, Samuel Eto’o est à Dakar dans le cadre d’une tournée de promotion. Le président de la Fédération camerounaise de football en a profité pour aborder divers sujets. Morceaux choisis.

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“Je suis là comme fils de ce continent. Mon meilleur ami, mon frère d’une autre mère, il est du Sénégal. Je suis très heureux de revenir chez moi. C’est toujours un plaisir. En travaillant avec le Qatar, nous nous sommes dit comment nous pouvons rendre cette Coupe du monde meilleure et facile pour les fans. Nous avons énormément échangé. Des équipes ont travaillé avec d’autres supporters qui venaient d’ailleurs pour la rendre plus belle mais surtout plus facile pour eux. De l’autre côté, pour les cinq pays africains qualifiés en Coupe du monde. Je parlerai d’abord en tant que responsable de la Fédération camerounaise que je suis. Je pense que c’est la Coupe du monde idéale pour nous, Africains, pour la gagner. Le Qatar étant un petit pays, qui a décidé de devenir très grand. C’était d’abord une idée, les hommes ont répondu et ils vont organiser la plus belle Coupe du monde. Notre unique problème en Afrique, c’est que nous ne croyons pas suffisamment à nous. Pourtant, nous sommes les meilleurs.”

Sadio Mané, le meilleur footballeur au monde

“Aujourd’hui, et je l’ai dit il y a deux ans, nous avons le meilleur footballeur au monde, Sadio Mané. J’ai la chance parce que c’est mon petit frère, mais il fait la fierté de notre continent et ayant des joueurs comme mon petit frère Sadio, il est normal que l’on ne rêve plus seulement, mais qu’on travaille pour devenir numéro 1. Très souvent, les gens se disent que gagner une Coupe du monde, c’est presque impossible pour l’Afrique. Mais je vous dis que c’est possible parce que c’est une compétition à sept matchs. Le meilleur des sept devient champion du monde. Et c’est ce que les Africains doivent penser. Évidemment, je rêve que ce soit aussi le Cameron, mon pays, parce que je suis en charge de la Fédération. Mais j’ai toujours été un garçon ambitieux. C’est d’abord l’intérêt de l’Afrique. Il faut que l’Afrique soit au podium et comme numéro un. Si c’est le Cameroun je serai très heureux, si c’est le Sénégal, je le serai autant. C’est notre Coupe du monde. Je vous prie non seulement de supporter tous ces pays africains mais aussi de pousser nos joueurs pour qu’ils aillent jusqu’au bout parce qu’ils n’ont rien à envier aux autres.”

Le choix de Rigobert Song

Quand je suis arrivé à la tête de la Fédération, j’ai la chance dans ma petite carrière de travailler avec les uns et les autres. Évidemment le Cameroun étant cette grande Nation de football, j’ai toujours pensé qu’elle devrait être représentée par un de ses valeureux enfants qui veut bien apporter un plus. Alors j’ai suggéré à l’Etat du Cameroun qui a toujours été celui-là même qui paie les encadreurs, qu’il fallait peut-être qu’on aille vers un entraîneur comme Rigobert Song. Il a été un joueur exceptionnel, mon capitaine quand je jouais dans cette magnifique équipe du Cameroun. J’ai la chance que le président et son gouvernement acceptent que nous prenions ensemble cette décision. Je suis un président très heureux parce que là où les gens ont pensé que c’était vraiment impossible pour le Cameroun, nous nous sommes qualifiés grâce à Rigobert Song.”

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Aliou Cissé, le pari de la continuité

“Aliou Cissé était contesté il y a quelques années. Je ne rentre pas dans les secrets mais mon frère il le sait. Et un jour, je dinais avec l’un de mes ainés qui est un grand responsable, et puis j’ai dit qu’il faut qu’il y ait une stabilité dans une Fédération. Il faut qu’il y ait une continuité et Aliou Cissé était en train de faire un très bon boulot. Je suis vraiment content et heureux pour lui qu’il soit devenu champion d’Afrique. Dans mon pays, le Cameroun, le Sénégal a été champion d’Afrique. J’aurai voulu que ce soit le Cameroun mais c’est comme s’il l’avait gagné. J’étais vraiment très heureux pour le Sénégal. C’est un pays que j’aime énormément et je suis fier du travail qu’Aliou Cissé est en train de faire. Il avait quelques difficultés avec certains d’entre nous, parce que nous avons souvent des avis par-ci et par-là, mais aujourd’hui je suis heureux parce que nous avons tous protégé Aliou Cissé pour qu’il nous montre le meilleur de lui-même. Et je suis heureux de ce qu’il a fait et du fait que les uns et les autres ont vite compris qu’il fallait qu’on se mette au travail et que c’est comme ça qu’on allait être plus fort. C’est l’Afrique qui doit toujours gagner. Le Sénégal a gagné et nous montre la voie. Mais dans cette compétition qu’est la Coupe du monde, nous aurons cinq représentants de notre beau continent. Ce que je déplore, par contre, c’est que nous avons une Confédération à 54 pays mais nous n’avons que cinq représentants. Et ça, c’est un problème. Il faudrait que nos dirigeants essaient encore de discuter avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour que la plus grande Confédération ait beaucoup plus de représentants. Nous aurons cinq représentants mais nous perdons le Nigeria, l’Égypte, l’Algérie et d’autres Nations qui pouvaient aider l’Afrique à être encore meilleur.”

Tensions entre le Cameroun et l’Algérie

“Concernant la relation entre la Fédération algérienne de football et celle du Cameroun, pour ma part, il n’y a aucun problème. Un de nos frères a dit tout à l’heure que j’ai apporté ma contribution pour que la coupe d’Afrique se joue au Cameroun. Je ne l’ai pas fait seul. Le premier pays qui s’est levé à mes côtés et qui m’a apporté son soutien, c’était l’Algérie. Le président de la Fédération algérienne était à côté de moi. Évidemment, le football connaît beaucoup d’émotions et ces émotions ont pris une autre ampleur. Et je déplore tout ça. Mais je n’irai jamais contre le peuple algérien parce que c’est un peuple fier comme le peuple camerounais. Ce peuple, quand vous voyez le football africain, ils nous ont servi tellement de grands joueurs qui sont nos idoles. Je vais prendre juste Rabah Madjer. Quand j’étais tout petit, je voulais lui ressembler alors que je ne savais même pas que je pourrai le toucher un jour. J’ai eu la chance de le faire. En tant que responsable du football, je dis qu’il n’y a aucun problème. Il faut garder les bons souvenirs.”

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Joël Matip au Mondial ?

“S’agissant de Joël Matip, vous savez que le sélectionneur camerounais n’a pas encore sortie sa liste définitive pour les 26 joueurs qui auront la chance d’aller au Qatar. Laissons-lui la primeur de dévoiler sa liste au moment opportun. En tant que président, je ne peut pas me substituer au sélectionneur Rigobert Song.”

Sadio Mané et le Ballon d’Or

“Pour mon jeune frère Sadio Mane, il n’y a rien à faire, il a joué. Ça ne dépend plus de lui. Mais, personnellement, je ne sais pas pour vous, Sadio Mané est le meilleur joueur au monde. Le reste ne compte pas pour moi.”

Sadio Mané au Bayern

“Je ne peux pas parler pour un club. Le plus important, c’est est-ce que mon petit frère est heureux ? Oui, je sais qu’il heureux. C’est tout.”

Les chances du Sénégal au Mondial

“Le Sénégal est la meilleure équipe d’Afrique actuellement. En gagnant la CAN sans aucune discussion. C’était la meilleure équipe de toutes les participantes à cette compétition. Au Mondial, il est évident qu’elle sera tête d’affiche et les autres Nations africaines s’aligneront derrière pour conquérir ce trophée qui nous échappe depuis.”

Réponse au président de Naples

“Le sélectionneur du Sénégal, Aliou Cissé, a pris position. Je l’ai vu quelque part. Nous défendons le football africain. Vous allez comprendre que notre position est contraire de celle que le président de Naples a voulu montrer au monde. Il est le patron du Napoli et j’ai l’un meilleurs joueurs camerounais qui évolue là-bas. C’est aussi un de ses meilleurs joueurs africains. Si mon sélectionneur estime que ce joueur devrait nous apporter quelque chose pendant les prochaines rencontres, il sera convoqué et sera tenu de répondre présent, n’en déplaise au président.”

Qatar, le cadre idéal

“J’ai passé mes cinq dernières années à Doha. Et c’est le cadre idéal pour vivre. Il n’y a pas de vol à Doha, pas de drogue ni d’agressions. C’est une ville très belle où vous pouvez profiter de beaucoup de choses. Vous pourrez vous amuser. Contrairement aux informations qui ont circulé, pour ceux qui aimeraient se détendre avant ou après les matchs en buvant un petit verre, ça sera autorisé à certains endroits mais tout en respectant aussi la culture de ce pays. Quand on va chez quelqu’un, on s’adapte à sa façon de vivre. C’est aussi un signe de respect. Tout en respectant la culture qatarie, ils nous ouvrent leurs maisons pour que nous nous sentons à l’aise. Prenez vos tickets, trouver vos billets d’entrée au stade parce que je suis convaincu que ce sera la plus belle Coupe du monde jamais organisée.”

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Un autre Mondial en Afrique

“Mon pays, le Cameroun, a fait un très grand investissement pour ceux qui ont eu le plaisir de passer un mois chez nous lors de la CAN. Vous avez pu constater que notre président (Paul Biya) a doté notre jeunesse des plus beaux stades d’Afrique. Moi qui suis un jeune garçon qui veut plus, il est important que je mette ces stades en avant. Nous avons sept stades. Et pour organiser une Coupe du monde, il vous en faut six ou sept. C’est aussi un positionnement interne de business. J’ai forcément pensé à la Coupe du monde dans huit ans parce que celle dans quatre ans est déjà attribuée. Mais c’est une question qu’il faudrait peut-être poser à notre gouvernement parce qu’il n’y a pas de pertes d’argent en organisant une Coupe du monde. C’est un investissement rentable. Et je souhaiterai vraiment que nous, pays africains, nous nous battions pour organiser une autre Coupe du monde (après 2010 en Afrique du Sud). J’ai vu le stade Abdoulaye Wade où j’ai eu le plaisir de jouer (match de gala inaugural entre légendes africaines et légendes sénégalaises). Mais c’est juste incroyable. Quand vous êtes dans le stade, vous vous dites que vous êtes à Londres. Il est tellement beau qu’on se dit qu’on n’est pas en Afrique. Il est important que ceux qui ne nous connaissent pas viennent chez nous et qu’ils se rendent compte de ce que nous faisons de bien. Parce qu’on leur présente toujours ce que nous ne faisons pas de bien.”

L’Afrique dans les instances de décision

“Ce n’est pas que je ne suis pas content. Évidemment qu’il y a beaucoup de bonnes choses qui sont faites. Mais nous devons demander plus. Aller beaucoup plus loin, c’est permettre à l’Afrique d’avoir plus de places. Parce que nous sommes 54 membres de cette Confédération qui est la plus grande au monde. Il est important qu’on ait beaucoup plus. Vous verrez que d’autres Confédérations ont beaucoup plus de pays représentants que l’Afrique. Et pourtant nous sommes la Confédération qui a le plus grand nombre de Fédérations.”

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