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Orabank : une entente illicite à l’origine du détournement de 6,643 milliards FCfa

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6.343.420.872  FCfa. C’est la rondelette somme provisoire qui a été siphonnée à Orabank Sénégal grâce à un procédé mafieux impliquant huit sociétés détentrices de comptes dans l’établissement et sans doute des complicités internes. Premier volet de nos révélations exclusives.

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L’affaire est gérée dans la plus grande discrétion par la Division des investigations criminelles (Dic) qui a accueille depuis trois semaines le défilé des mis en cause et témoins.

Aucune arrestation n’a été notée pour le moment alors que les investigations se poursuivent pour faire la lumière sur l’affaire de détournement présumé qui secoue Orabank dont la direction générale a porté plainte pour association de malfaiteurs, escroquerie en bande organisée, faux, usage de faux entre autres.

Selon les informations de Libération, le préjudice provisoire est exactement estimé à 6.343.420.872 FCfa dans ce dossier tentaculaire qui révèle déjà l’existence d’une entente illicite hyper bien organisée.

Au sommet de la pyramide, on retrouve la société Sam Sam Sarl gérée par le nommé Moussa Ndiaye. Viennent ensuite :  St2cs Sau (Serigne Abdoul Diouf), Az transport Sau et Az-Afrique agro-business sarl (Ahmed Sèye), Sengoci Sarl (Moustapha Niang), Sen commerce général sarl (Mouhamadou Abib Diop), Comptoir commerce Cat Sarl (Cheikh Tidiane Diop) et Cogepa (Abdoulaye Sall). Toutes ses sociétés ont des comptes ouverts dans les livres d’Orabank.

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Moussa Ndiaye avait affirmé à son gestionnaire que les gérants de ses sociétés-partenaires seraient de «grands opérateurs économiques, membres de l’Unacois ». Libération a pu attester que cette information est fausse. N’empêche, une réunion a été organisée entre eux et le gestionnaire sur qui pèsent de forts soupçons de collusion. En effet, suite à cette rencontre, les 8 sociétés ont procédé à des remises de chèques, avec crédit immédiat, accordé par Orabank Sénégal à leur demande sur des chèques tirés depuis les comptes de leurs prétendus clients ouverts dans les livres de la Bis, de la Bimao, de Bridge bank et de Boa Sénégal.

Pour la petite histoire, le crédit immédiat est une facilité permettant de satisfaire un besoin imminent d’argent du client moyennant une commission à payer à la banque et en attendant le tirage du chèque remis à l’encaissement.
Les 8 sociétés ont donc justifié leur besoin pressant de liquidité par le fait que les délais de positionnement des virements et des chèques émis pour encaissement par  leurs clients, prétendument solvables, ne leur convenaient pas ; et qu’elles voulaient saisir les opportunités proposées par leurs fournisseurs établis au Port de Dakar pour l’achat de marchandises à un prix très compétitif moyennant paiement au comptant.

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Les mis en cause, et leurs complices présumés identifiés aux noms de Abdou Aziz Niang, Mor Samb Ndiaye, Alioune Badara Ndiaye et Ahmadou Doro Samb ont commencé à faire sciemment des remises de chèques tirés entre eux et leurs prétendus partenaires les 2, 9,10, 24 février  et 7 mars 2022 dans l’unique but de solliciter d’Orabank des crédits immédiats sur lesdits chèques.

C’est le cas, par exemple, entre Az Afrique Agro business Sarl, St2Cs Sau, Cogepa Sarl, durant la période de février à juin 2022, pour un montant estimé à plus de 30 milliards de Fcfa. Il est attesté qu’Abdou Aziz Niang, gérant des sociétés Acomix, Sogeci et Compagny ainsi que Mouhamadou Habib Diop, gérant de la société Sen Commerce général Sarl, se chargeaient tout simplement de transporter les fonds à reverser dans les comptes de leurs complices afin de couvrir les chèques ayant fait l’objet de remises avec crédit immédiat et tromper ainsi Orabank et les autres banques.

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Cette entente illicite, avec l’intervention d’une kyrielle  de sociétés, qui se tiraient des chèques en toc entre elles avec des montants très importants a causé à Orabank un préjudice arrêté provisoirement à 6.343.420.872 FCfa.

En effet, après avoir créé des flux financiers artificiels par des dépôts quotidiens de chèques, les sociétés en cause ont porté leur dernier coup de massue à Orabank par le rejet systématique et concerté de la totalité des chèques ayant fait l’objet de crédits immédiats à la même période à savoir les 14 et 15 juin 2022 pour défaut de provision. Pire, par l’intermédiaire de Mouhamadou Habib Diop, les entreprises ont récupéré tous les chèques rejetés, grâce à leurs complicités internes, dans le but de saborder les droits et recours de la banque et de faire durer son temps de réaction.

Libération

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