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Niger : la FAO et l’USAID luttent contre la réémergence de la grippe aviaire

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Le 6 janvier 2022, un nouveau foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) (H5N1), identifié le 31 décembre dans un élevage de 18 575 poules pondeuses à Niamey, a été notifié à L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) par les autorités vétérinaires du Niger. Outre les pertes de volailles, l’influenza aviaire a eu des répercussions négatives sur l’économie, la sécurité alimentaire des ménages et le climat social.  Au Niger, l’aviculture est l’une des filières d’élevage qui contribue à l’amélioration de la sécurité alimentaire des ménages, surtout en milieu rural. Elle procure aussi des revenus monétaires à une frange importante de la population dont les femmes et les jeunes.

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Le système d’élevage est dominé par la pratique traditionnelle avec un cheptel qui représente 98% de l’effectif national. La particularité de cette maladie  réside, dans sa mortalité très élevée, en sa rapidité de propagation à d’autres fermes induisant des pertes économiques directes et indirectes considérables pour les filières avicoles. Il faut noter également sa capacité, dans des conditions particulières favorables, à infecter certains mammifères tels que le porc ou l’homme.

La transmission du virus de l’influenza aviaire à l’homme peut se faire par un contact fréquent et intense avec les sécrétions respiratoires ou les excréments d’animaux infectés. Il est donc nécessaire d’être prudent face à la réémergence de la maladie au Niger et mettre l’accent sur la  surveillance et le  et contrôle de sa propagation.

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Après la confirmation du foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) de sous-type A/H5N1, des mesures de police sanitaire ont été prises par le gouvernement de la République du Niger, en collaboration avec ses partenaires : – tous les propriétaires des fermes concernées et l’Interprofession de la Filière Avicole de la région de Niamey ont été sensibilisés sur les mesures de biosécurité à prendre (hygiène, limitation des mouvements dans les fermes) ; – un Arrêté Portant Déclaration d’Infection (APDI) par le Gouverneur de la région de Niamey (fermeture de la ferme, interdiction des mouvements des volailles de la Commune V, IV et I vers les autres communes de la ville de Niamey) a été fait pris ; – les autres Ministères clés du comité « Une Seule Santé » (santé, environnement et élevage) se sont impliqués dans la surveillance active dans les autres exploitations de la commune et les marchés de volailles à travers des enquêtes et des prélèvements des cas suspects.

L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à travers son Centre d’urgence pour la lutte contre les maladies animales transfrontières (ECTAD) appuie le Niger dans la  lutte contre l’influenza aviaire qui a sévi la région de Niamey. En mars 2021, la FAO ECTAD a procédé à la remise officielle d’un important lot de matériel de laboratoire au ministère de l’Agriculture et de l’Elevage.  Le lot été constitué de kits de diagnostic, de matériel de prélèvement et de protection, de désinfectants et d’appareils de pulvérisation à hauteur de 25 millions de francs CFA pour renforcer les capacités opérationnelles des services vétérinaires, notamment du Laboratoire Central de l’Elevage (LABOCEL) dans la gestion de cette crise sanitaire. Ces équipements ont été acquis avec le financement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

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En avril 2021, des missions d’enquête conjointes sur l’IAHP impliquant les sections « Une Seule Santé » ont été menées au Niger (régions de Niamey et de Zinder). Dans la région de Niamey, 16 exploitations ont été examinées, dont quatre ont été infectées. Dans la région de Zinder, six fermes et huit marchés de volailles vivantes ont été étudiés mais le LABOCEL n’a pas confirmé de nouveaux cas positifs à partir des échantillons collectés pendant la mission.

Plus récemment, dans le cadre de la gestion des foyers d’IAHP dans la ville de Niamey,  FAO ECTAD a accompagné les services techniques dans le suivi sanitaire des foyers avec deux missions (20 janvier 2022 et 27 et 28 janvier 2022). La première mission a conclu que la source de contamination d’une des fermes reste douteuse, mais pour l’autre ferme, c’est l’introduction de sujets infectés qui en est la cause. Après la deuxième mission, il a été constaté la difficulté de connaitre le cas index à partir duquel la maladie s’est propagée. Les conclusions extraites des missions ont souligné la nécessité de redynamiser le réseau de surveillance, renforcer les capacités des producteurs en biosécurité, appliquer l’interdiction de l’importation de la volaille infectée et renforcer le contrôle aux frontières.

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Cette inquiétante flambée de grippe aviaire survient à un moment où le Niger à l’instar des autres pays du monde, est confronté à la pandémie de Covid-19. La grippe aviaire a déjà déclenché un abattage des poulets de tous les poulets – une source de nourriture bon marché et nutritive pour de nombreuses personnes – avec un impact négatif sur l’alimentation et l’économie de la région, aggravant une situation déjà difficile dans le pays. Aussi, d’autres pays de la sous-région (Bénin, Burkina Faso, Nigéria et  Togo) sont actuellement confrontés à la résurgence de cette maladie zoonotique.

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