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Le dialogue est toujours d’actualité (par Mary Teuw Niane)

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La vie en société, les relations humaines et le vivre ensemble sont complexes.

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Ils ne peuvent pas s’écrire en noir et blanc, en vrai et faux, en amis et ennemis.

Nos anciens avaient compris que les êtres humains n’étaient pas des morceaux de bois inerte encore moins un troupeau de moutons qui suivent dociles le berger.

Ils prenaient le temps d’écouter, de comprendre. Ils avaient l’humilité de se mettre à la la place de l’interlocuteur pour mieux saisir ses motivations, ses raisons et ses mobiles.

Ils étaient patients. Ils prenaient tout leur temps pour démêler les fils d’un imbroglio, un à un, jusqu’à trouver le fil conducteur d’une discussion acceptée, condition sine qua non d’une issue heureuse à un malentendu, à un conflit, à une crise en gestation.

Ils savaient manier les mots, toucher les cordes sensibles, invoquer l’histoire, etc.

Ils pouvaient faire appel aux amis, aux généalogistes et aux griots.

Au total, ils ne lésinaient sur aucune ressource pour se faire entendre, pour convaincre, et même quelque fois, ils usaient de la menace, dans le seul but d’instaurer le dialogue positif pour restaurer la cohésion de la famille, d‘un groupe, d’une communauté et de la société.

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La finesse de nos anciens, enracinés dans la justice, était d’être capable de dire au fautif qu’il a tort sans l’humilier, à la victime qu’elle a raison sans susciter une arrogance vindicative.

Notre pays, le Sénégal, ne pouvant être découpé en morceaux qui pourraient être éloignés les uns des autres, il est important de restaurer, dans la justice, un dialogue inclusif dans tous les secteurs.

Le dialogue suppose la culture de dialogue, la prédisposition de tous les acteurs au dialogue, à des solutions autres que celles que l’une des parties sûre de sa force, peut imposer par la force.

Force est de constater que chaque jour les actes, les paroles, les mots et même les mentalités nous éloignent du dialogue pacificateur, du dialogue rédempteur.

L’espace social, en commençant par les familles, est miné par des conflits inextricables. Les médiateurs traditionnels sont de plus en plus disqualifiés. Même la police, qui avant d’être répressive est un espace de dialogue, est de plus en plus impuissante et obligée de transférer des problèmes de plus en plus nombreux aux tribunaux.

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L’espace politique demeure une source constante d’inquiétude majeure.

Les résultats des dernières élections législatives sont une injonction aux acteurs politiques pour un dialogue politique au service du Sénégal.

En effet en ne donnant la majorité à aucun bloc politique, l’électeur sénégalais a voulu ramener l’acteur politique sénégalais à nos traditions notamment celle de la discussion en vue de trouver une solution consensuelle à toute question.

Le pouvoir a-t-il compris que le temps des majorités mécaniques est terminé?

L’opposition se rend-elle compte de sa nouvelle responsabilité qui lui impose d’abandonner toute vision manichéenne?

Rien n’est sûr !

Il est important de rappeler que le fondement du dialogue est la justice. Sans une volonté sincère de justice, tout dialogue est factice et voué à l’échec.

Le dialogue, de la famille à l’espace politique, suppose des hommes et des femmes imbus de valeurs et enracinés dans nos valeurs de civilisation.

L’aboutissement du dialogue est le consensus.

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Le consensus n’est opérationnel que si les interlocuteurs sont liés par l’éthique de la parole donnée et de la bonne foi.

La parole donnée et la bonne foi ne sont pas des valeurs occidentales. Elles sont des valeurs fondamentales africaines.

Le conflit entre nos valeurs et les influences négatives importées pollue notre vivre ensemble jusqu’à menacer la cohésion de notre société et la stabilité politique de notre pays.

Vivement que le Sénégal redevienne ce grand arbre à palabre sous lequel se nouent des consensus salvateurs pour les familles, les communautés et notre pays.

Mary Teuw Niane

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