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La radio, un outil de paix

Depuis 2015, la MINUSMA soutient les radios de proximité et les antennes régionales de l’ORTM dans plusieurs des localités où elle est présente avec un investissement de plus de 615 millions de francs CFA. Cet appui tant logistique que technique de la Mission de l’ONU au Mali a pour but de permettre à ces radios locales et communautaires de jouer un rôle informatif significatif dans l’accompagnement du processus de paix, notamment par la promotion de la cohésion sociale. Ces projets d’appui sont mis en œuvre avec le précieux concours de l’organisation faitière des médias : l’Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL). À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse et en prélude à la Journée internationale des Casques bleus dont le thème de l’édition 2022 est « Le partenariat, clef du progrès », nous avons rencontré son président, Bandiougou Danté pour revenir sur l’impact de la collaboration qui lie l’URTEL à la Mission de paix de l’ONU au Mali.

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Gao, Mopti, Ménaka ou encore Tombouctou, ont bénéficié de ces projets à Impact rapide qui permettent à la fois d’équiper, de réhabiliter ou de former le personnel de ces radios dont le rôle est essentiel au près des communautés.

« L’Union de radiodiffusion et télévision libre du Mali a eu à mener des activités avec la Mission des Nations unies, essentiellement dans la formation et l’appui en équipements au profit des radios de proximité, » explique Bandiougou Danté, président de l’URTEL et Président de la Maison de la presse. « Parmi les activités de formation, poursuit-il, nous avons renforcé les capacités des animateurs des radios, surtout, sur les thèmes essentiels de la stabilisation, notamment le vivre-ensemble ».

URTEL-MINUSMA, une collaboration aux bénéfices tangibles

Ce félicitant de ce partenariat, M. Danté souligne que : « Dans les zones de Mopti, Tombouctou, Gao et Ménaka, les radios ont reçu des équipements, même lourds en matière de radio. Pour les autres localités qui n’ont pas eu la chance d’avoir des équipements à la dimension des régions du Centre et du Nord, elles ont quand même pu avoir des appareils de production ». Le contexte de crise dans lequel évoluent ces radios de proximité, induit parfois pour elles des difficultés à s’équiper et à faire face à leurs obligations. Ainsi, pour le premier responsable de la faitière des médias maliens, « la contribution précieuse de la MINUSMA a effectivement permis à beaucoup de radios d’améliorer, non seulement la qualité de leur production, mais aussi la qualité des équipements. Cela est un fait réel ».

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Pour mieux expliquer ce partenariat aux bénéfices réels, Bandiougou DANTÉ rappelle que « quand on arrive à procurer à une radio à la fois l’émetteur et l’amplificateur, et même des panneaux solaires pour les faire fonctionner, cela est bénéfique pour la radio. Si hier, on ne pouvait couvrir un rayon d’une dizaine de kilomètres, naturellement avec ces équipements, on pourra couvrir 40, 50, sinon plus de kilomètres et toucher beaucoup plus de population. Cela est réel ».

Équiper et surtout former…

Si les équipements améliorent la qualité de la diffusion et augmentent son rayon, c’est la formation des journalistes et animateurs qui permet de donner du sens à ce renforcement de capacités logistiques et inscrit pleinement la radio dans son rôle auprès des communautés. Dépeignant le portrait de l’animateur « faisant les éloges de certains auditeurs ou en les saluant, » Bandiougou Danté souligne l’importance capitale de la formation. « Si les animateurs sont formés sur des thématiques assez claires par rapport au vivre-ensemble, notamment la tolérance, la laïcité, la bonne gouvernance, la citoyenneté, cela leur permet de pouvoir tenir les émissions et de favoriser des expressions plurielles en donnant la parole aux communautés. Avec les formations, ils comprennent que dans leur profession, il y a des émissions qui peuvent être réalisées avec la population, notamment en faisant appel aux jeunes, aux femmes, ou différents acteurs. Il y a des thèmes essentiels comme le dialogue social qui peuvent être instaurés par la radio de proximité », affirme-t-il.

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Parmi les thématiques de ces formations, il en est une qui lui semble fort à propos et essentielle : le « fact cheking » ou la vérification de l’information. « On sait que le monde est inondé de fausses informations. On a eu à faire des formations qui permettent la vérification des fake-news » permettant ainsi aux populations d’avoir un avis ou de prendre des décisions fondées sur des informations fiables conclut Danté.

L’exemple de Ménaka

Des kits de reportage comprenant notamment des enregistreurs portatifs, des micros, des cartes mémoires, des mixeurs des casques, des câbles, des amplificateurs, ou encore des ordinateurs et des onduleurs, ont été remis, le 2 décembre 2021 à Ménaka. Ce projet de la MINUSMA d’équipement de quatre radios comprend divers autres matériels de production, notamment du matériel de diffusion comme des pylônes (de 30 mètres), ainsi que des installations électriques photovoltaïques (solaires). À ces dons d’équipements, s’ajoute la formation en entretien et en maintenance de 37 professionnels, dont neuf femmes, de ces radios bénéficiaires.

Pour ces radios, cet appui est le bienvenu car il leur conférera une certaine autonomie. Mohamed Ali Ahmed, le directeur de la radio Dodia d’Andéramboukane (Ménaka) explique « qu’à partir du mois d’avril il y a beaucoup de coupures dans la fourniture d’électricité et très souvent des pannes, ce qui nous affecte beaucoup en tant que radio. Souvent nous ne parvenons pas à diffuser pendant toute une journée ».

Avec ces équipements qui offre une autonomie grâce à l’énergie solaire, la radio pourra diffuser ses programmes sans craindre les aléas liés aux coupures d’électricité.

Avec une audience d’un peu plus de 40 000 auditeurs, l’ensemble des radios de la région de Ménaka ont bénéficié de ce projet. Il s’agit de la radio Aadar et de la radio Rurale toutes deux de Ménaka ville, ainsi que la radio Dodia de Andéramboukane et la radio ASWEL d’Alata. Ce projet a impact rapide est financé par la MINUSMA pour un montant de plus de 23,5 millions de francs CFA. Une enveloppe qui inclut à la fois les coûts des équipements mais aussi ceux liés à leur transport et à la formation des agents. Après avoir salué le projet, le président de l’URTEL dans la région, Alhousseini Agaly, a tenu à rassurer de la disponibilité des acteurs des médias communautaires « à jouer notre partition pour la recherche de la paix et de la réconciliation entre les communautés » qu’ils servent à travers leurs médias. L’importance de l’information a été souligné par Mohamed Alhanafi Maiga, gouverneur de la région de Ménaka. « Nous sommes dans une région qui est nouvellement créée avec beaucoup de défis. L’un de ces défis c’est que les collectivités arrivent à décoller et pour qu’elles décollent elles ont besoin de soutien et le premier soutien, à mon sens, est l’information, » a-t-il indiqué.

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Revenant lui aussi sur l’importance de « l’outil » radio, Francisco OSLER, chef du Bureau de la MINUSMA à Ménaka a rappelé qu’accompagner les radios dans la région de Ménaka, « c’est renforcer la paix, c’est renforcer les messages de paix, c’est aussi donner la bonne information sur le processus de paix et cela est au cœur du mandat de la MINUSMA ».

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