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Ismaila Sarr : «Qatar ? On y va pour gagner»

Une faute avouée est à moitié pardonnée. Ismaïla Sarr, dans cet entretien avec «Les Échos», a confié qu’il pouvait en finir avec les Égyptiens avec les deux occasions qu’il a eues. Il a aussi fait des confidences sur le dernier tir libérateur de Sadio Mané, son objectif de fin d’année, son avenir à Watford et ses ambitions à la Coupe du monde.

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Les Échos : Lors du match Sénégal-Égypte (1-0, tab : 3-1), il y a eu des moments forts et des temps faibles. Comment jugez-vous votre prestation dans l’ensemble ?

Ismaïla Sarr : En venant au stade, je m’étais dit qu’il fallait qu’on fasse un match normal, gagner en plus, parce que c’était le plus important pour nous tous. On avait déjà en tête le match perdu en Égypte sur le score d’un but à zéro. Il fallait à tous les coups marquer des buts et gagner chez nous.

“On a dit à Sadio Mané que seul lui pouvait liberer le peuple”

Le seul rêve qu’on avait, c’était d’aller à la Coupe du monde. C’était impensable pour nous d’être champions d’Afrique et de ne pas aller à la Coupe du monde. Le seul mot d’ordre, c’était de se donnerà fond pour ce dernier match et se qualifier. Dieu merci, nous avons pu le faire. On s’est qualifié à la Coupe du monde.

Et personnellement, comment appréciez-vous votre match ?

Pour moi… j’aurais pu au moins libérer très tôt, finir le match avant même qu’on passe aux tirs au but. J’ai eu deux occasions que j’aurais pu marquer et en finir avec ce match. Malheureusement je n’ai pas pu le faire. N’empêche on n’a pas arrêté parce qu’on n’a rien lâché jusqu’au bout.

Qu’est-ce que vous vous êtes dit quand vous avez formé un groupe juste avant que Sadio Mané n’aille tirer le dernier tir ?

C’était le dernier tir, la balle de match. Quand on s’est regroupé autour de Sadio Mané, on lui a tous dit que seul lui pouvait libérer ce peuple, ce public qui est venu nombreux au stade pour nous soutenir. Personnellement, je lui ai demandé de m’aider, de marquer ce dernier tir pour effacer les occasions que j’ai ratées dans le match. Pour vous dire, c’est comme ça qu’on fonctionne dans notre vie au quotidien dans la tanière. Il savait bien qu’il fallait marquer pour tout le monde.

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Justement, comment appréciez-vous le statut de leader de Sadio Mané ?

Sadio Mané est un champion mondial. C’est l’un des meilleurs joueurs du monde. Il a gagné les plus grands titres comme la Ligue des champions, le Ballon d’or africain et aussi le championnat anglais. Dans la tanière, il nous aide beaucoup. Même si parfois c’est réciproque, il fait toujours les choses comme il se doit. C’est un exemple pour nous tous.

Peut-on dire que c’est votre meilleur match avec ce groupe depuis que vous êtes tous ensemble ?

Le mot d’ordre c’était gagner, gagner et gagner. Quoi qu’il arrive, on devait gagner. L’issue de ce match ne devait être qu’une victoire pour le Sénégal. On ne pensait pas à un autre résultat. C’est comme ça qu’on s’était préparé depuis notre retour d’Égypte.

“Il reste encore des trophées à gagner”

On a su prendre notre revanche pour la défaite du match aller. On nous avait marqué un but matinal et on l’a effacé de la même manière chez nous avant de se battre pour la qualification. Malgré la volonté des Égyptiens de casser le match, on n’a jamais dérogé à notre objectif qui était de gagner ce match à domicile.

L’équipe est-elle donc arrivée à maturité ?

Oui je le confirme. Depuis nos débuts avec le coach, on a toujours pris un galon de plus à chacune de nos sorties. On en parle tout le temps parce qu’on est conscient qu’il nous faut cette maturité. Ce n’est pas juste ceux qui jouent ou ceux qui ne jouent pas, tout le monde se dresse toujours comme un seul homme. On prie tous ensemble et chacun pour l’autre. Ça se voit même avec les changements. On se complète en fait.

Revenons au match, comment avez-vous vécu cette forte mobilisation des Sénégalais au stade pour vous pousser à la qualification ?

Sérieusement, quand j’étais dans les tunnels qui mènent au terrain, pour aller à l’échauffement, j’ai eu un moment de trouble dans ma tête avec les cris des supporters. Je n’en revenais même pas. Je me suis dit qu’on ne devait surtout pas perdre ce match. Le maximum devait être donné. J’en profite pour remercier tous nos supporters. Ils nous ont beaucoup aidés. Leur présence était réconfortante. Leur soutien a été vraiment important pour nous.

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Et quand on vous dit Qatar, vous répondez quoi ?

Qatar ? (un moment de réflexion les yeux au plafond). On y va pour gagner. On n’ira pas là-bas pour simplement participer. Notre objectif, c’est de dépasser ce qu’on a fait la dernière fois. On va y pour montrer nos valeurs. On joue ensemble depuis plusieurs années, il faut qu’on gagne des trophées pour notre peuple. On a réussi à gagner la Coupe d’Afrique cette année mais il reste encore des trophées à gagner.

Assumez-vous votre statut de cadre dans l’équipe nationale ?

Il faut rester humble. Si le coach et les coéquipiers portent leur confiance sur moi pour assurer au niveau de mon poste, je ne peux que rendre de propres copies. Chaque fois, certains de mes coéquipiers me disent que je dois aider l’équipe. Avec beaucoup d’humilité, je ne fais que satisfaire les consignes. En plus, mon père aussi me parle beaucoup. Avant chaque match, je l’appelle pour prendre de ses conseils que j’applique très souvent.

Justement, il paraît que votre père était plus fort que vous au football…

Oui on me le dit souvent (rire). Je ne l’ai jamais vu jouer alors que lui il est là, en plein dans ma carrière. Du coup, peut être que je joue mieux que lui (rire).

Mais Ismaila, il y a ce sujet qui intéresse plus d’un. Est-ce que vos blessures successives n’auront pas quelque part un impact négatif sur le cous de votre carrière ?

Oui, effectivement, les gens en parlent beaucoup. J’entends beaucoup de gens dire que je ne vais pas faire unelongue carrière à cause de mes blessures répétées. Mais j’aimerais que les gens comprennent que ce n’est pas fait exprès. Quand j’ai le corps chaud, je me donne à fond. Et puis en général, j’ai des blessures musculaires. Je n’y peux rien. Il y a aussi des blessures dues aux tacles. Avec ma position, c’est parfois inévitable. C’est le football, on ne peut pas prévoir ce qui peut arriver. Le football est notre métier et on ne se soucie pas de certaines choses quand on s’engage dans un terrain. Par contre, quand on va au stade pensant qu’on peut se blesser, on ne répondra pas à ce qu’on attend de nous. On peut même se blesser en même temps. Les blessures font partie du football.

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À Watford, comment vivez-vous cette situation de relégable en Premier League ?

C’est vrai que c’est difficile pour nous en ce moment. Pour moi, c’est une pression de jouer avec mon club, avec la confiance qu’ils ont portée sur moi et qu’on se retrouve à ce niveau-là. Si c’était de mon ressort, on gagnerait tous nos matchs. On est actuellement 18e et c’est difficile.

“Le soutien que m’apportent ma femme et ma fille”

Tout le monde connaît les difficultés du championnat anglais. Quand on ne gagne pas, on peut vite se retrouver en bas du tableau et c’est souvent compliqué de remonter. Mais je ferai de mon mieux pour aider l’équipe à rejouer les grands rôles en Premier League.

À la fin de la saison, pensez-vous rester à Watford, aller à Liverpool ou dans un autre club ?

(Rires) À ce propos, je suis au même niveau d’information que vous. Ce que je peux dire, c’est que je suis à Watford, il me reste encore des années. Deux ans je crois. On continue le travail et si l’opportunité se présente, on verra après. Pour le moment, je n’ai que des rumeurs.

Quels sont vos objectifs pour la fin d’année ?

Il me tient à cœur de sauver mon équipe Watford. En équipe nationale aussi j’aimerais gagner le maximum de matchs. Pour le moment, je pense c’est le plus important.

Vous vivez, avec votre petite famille à Watford, comment se passe la vie familiale avec les multiples voyages et matchs. Est-ce facile ?

C’est toujours la joie malgré qu’on est presque tout le temps dehors. Après chaque match, j’ai hâte de revoir ma petite famille, ma femme et ma fille. Même quand ça ne va pas dans un match, dès que je retourne à la maison et que je les vois, ça me soulage. Je suis très heureux en famille, je joue comme un enfant avec ma fille qui est très joviale. Ma femme aussi m’apporte beaucoup de soutien. Elle est positive et me conseille souvent en bien.

LES ÉCHOS

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