You are currently viewing Eaux souterraines : l’immense potentiel de l’Afrique (Unesco)

Eaux souterraines : l’immense potentiel de l’Afrique (Unesco)

La directrice générale de l’Unesco a profité de la cérémonie inaugurale du 9e Forum mondial de l’Eau, ce lundi, à Dakar Arena, pour remettre au président Macky Sall le Rapport 2022 sur la mise en valeur des ressources en eau.

Publicités

Donnant un aperçu du document, Audrey Azoulay déclare d’emblée que l’organisation onusienne est fière de s’associer à cette session qui s’étale du 21 au 26 mars. Car se considérant comme une maison des sciences de l’eau mais aussi comme une agence qui fait de l’Afrique une priorité.

En effet, l’autre de leurs priorités, c’est l’égalité entre les femmes et les hommes. “Et vous savez toutes ces heures que ces femmes consacrent à l’eau, les jeunes filles également. Ce sont des heures qui sont perdues pour leur bien-être, leur éducation. Et tout cela tire le monde vers l’arrière”, a regretté l’ancienne ministre française de la Culture et de la Communication.

Trois façons de contribuer

“Face à ces défis, éclaire-t-elle, nous avons trois façons de contribuer à ces objectifs communs. Connaître, gérer et éduquer. Connaître d’abord, c’est l’objet de la coopération scientifique au cœur de notre mandat, un socle fondamental pour ne pas sombrer dans l’impasse comme l’a si justement rappelé madame la présidente d’Éthiopie. Cela se traduit dans le rapport mondial des Nations unies sur les ressources en eau, qui est coordonné par l’Unesco et toute la famille de l’ONU. L’édition 2022 est une question mal connue et pourtant stratégique, celle des eaux souterraines. C’est un trésor invisible qui est à la fois abondant et fragile, qui fournit la moitié de l’eau prélevée pour l’usage domestique de la population mondiale et 40 % des terres irriguées. Et particulièrement en Afrique où leur potentiel est immense. Puisque les réserves d’eau souterraine sont 20 fois plus importantes que celles des lacs.”

A LIRE AUSSI :   Tabaski : les vœux de Karim Wade

Et d’ajouter : “Pour mieux protéger des pratiques de l’impact des événements climatiques, pour mieux gérer cette ressource unique, nous devons d’abord mieux la connaître. C’est pour cela que pour agréger et partager des données fiables, nous devons consulter tous les acteurs de l’eau, y compris ceux du secteur privé. Ce partage des données est au cœur de la recommandation sur la séance que les 182 États membres de l’Unesco viennent d’adopter en novembre dernier. Nous en voyons déjà tout le potentiel au lac Tchad. Nous avons lancé parmi d’autres actions un portail en ligne où sont accessibles librement toutes les données récoltées sur la qualité de l’eau. Connaître, c’est aussi valoriser les savoirs, le savoir-faire, accumulés de génération en génération par lds populations locales. Il y a urgence à reconnaître, à partager ces savoirs-faire, ces savoirs-être qui sont produits sur le temps long du GTMA en lien avec le territoire. Là aussi le Sénégal a bien des savoirs à partager. À l’Unesco, nous y contribuons via un programme dédié aux savoirs locaux et autochtones sur les questions de climat et de biodiversité notamment.”

A LIRE AUSSI :   Un employé de l'hôtel Les Filaos meurt après le but de Boulaye Dia

“L’eau circule sans se préoccuper des frontières”

Le deuxième axe consiste à connaître à gérer les ressources en eau. “Sur ce point, dit-elle, il y a beaucoup à faire tant nous maltraitons cet élément, oubliant trop qu’il n’est pas intarissable. Avec le programme hydrologique intergouvernemental et ses 169 comités nationaux, en lien avec toute la famille des Nations unies sur l’eau, nous accompagnons les États vers une meilleure gestion, une gestion plus durable pour une répartition plus équitable. Mais cette gestion doit se faire, et cela a été rappelé, à l’échelle qui n’est pas uniquement local et national. Car l’eau circule sans se préoccuper des frontières. Et 60 % des puits d’eau douce traversent les frontières nationales. Particulièrement en Afrique où l’Unesco a cartographié 106 aquiphères transfrontaliers. Dans le monde entier, nous aidons aussi des États à gérer leur aquiphère partagé comme avec le Botswana, Namibie et Afrique du Sud pour la gestion qu’ils ont ensemble de l’aquiphère Stan Priet. La coopération nous permet aussi d’agir pour prévenir et anticiper sur les données de sécheresse au Malawi, en Zambie, au Mozambique.”

Pour le développement d’une éthique de l’eau

La DG de l’Unesco a saisi l’occasion pour féliciter le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie et la Guinée Bissau pour leur déclaration conjointe sur le bassin sénégalo-mauritanien.

A LIRE AUSSI :   Produits impropres à la consommation : 16 tonnes incinérées à Louga

Enfin le troisième axe de leur contribution est celui d’informer, d’éduquer, de sensibiliser à la question de l’eau. Il s’agit de former les nouvelles générations de professionnels de l’eau avec leur réseau d’institut et des indicateurs de développement en la matière. Plus généralement, c’est aussi la formation du grand public, notamment à travers les programmes scolaires via les États membres, des moyens pédagogiques afin de mieux intégrer les questions liées à l’environnement et à l’eau dans les programmes scolaires. “C’est un objectif que nous nous sommes donnés d’ici 2025, que les nouvelles générations développent une éthique de l’eau qui soit plus responsable que la nôtre”, relève Audrey Azoulay avant de conclure : “Toute l’histoire de l’humanité se livre aux prismes de l’eau. Et la coopération en matière d’eau locale, transfrontalière, régionale, mondiale, onusienne, est la seule solution. Et l’Afrique doit y être à la fois entendue, respectée, valorisée, moteure. Je remercie le Sénégal pour son plaidoyer en ce sens dans toutes les rencontres auxquelles il participe, y compris à l’Unesco.”

Publicités

Laisser un commentaire