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Assemblée nationale : les adieux émouvants du président Moustapha Niasse

L’examen du débat d’orientation budgétaire de 2022 a été la dernière marche du règne de Moustapha Niasse à l’Assemblée nationale. Ci-dessous, son discours émouvant.

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Excellence, Monsieur Adama Bictogo, Président de l’Assemblée nationale de la République sœur de Côte d’Ivoire,

Monsieur le Ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions,

Honorables Collègues Députés,

Mesdames, Messieurs les Vice-présidents,

Mesdames, Messieurs les Secrétaires élus,

Monsieur le Premier Questeur,

Madame le Deuxième Questeur,

Messieurs les Présidents de Groupes parlementaires,

Mesdames les Présidentes et Messieurs les Présidents des Commissions permanentes,

Monsieur le Rapporteur général,

Monsieur le Représentant des Non-inscrits,

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Directeur du Cabinet,

Monsieur le Secrétaire général adjoint,

Mesdames, Messieurs les Conseillers, Directeurs et Chefs de Service,

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Chers Concitoyens,

Je voudrais, tout d’abord, vous inviter à observer une minute de silence à la mémoire de Madame Marie Joséphine Diallo, Secrétaire générale de l’Assemblée nationale, pendant 26 années, des Honorables Députés Madame Marie-Louise Diouf, Madame Mariama Ndiaye, Madame Dié Mandiaye Ba et Monsieur Hamady Gadiaga, des personnels, notamment Monsieur Thierno Diaw, Directeur de la Comptabilité et du Matériel et des membres de mon Cabinet, Madame Anne Marie William, Monsieur l’Ambassadeur Falilou Kane, et Monsieur Paul Ndour, arrachés à notre affection. Nous nous inclinons devant leurs mémoires et nous prions Dieu de les accueillir en Son Paradis.

Cette cérémonie de clôture de la Session Ordinaire Unique de l’année 2021-2022 revêt, assurément, un caractère singulier.

La présence fraternelle de Son Excellence Monsieur Adama Bictogo, à la tête d’une importante délégation, confère à cette séance plénière une solennité accrue et une dimension africaine, comme un écho au préambule de la Constitution de la République du Sénégal.

Monsieur le Président,

Au nom de l’Assemblée nationale et en mon nom propre, je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue, à vous-même et à la délégation qui vous accompagne, en cet hémicycle, où nos deux peuples, à travers leurs représentants, ont toujours cheminé, solidairement, dans l’exercice et dans l’assumation de leur souveraineté internationale.

Ces liens de fraternité qui ont toujours uni nos deux Gouvernements et nos deux peuples, se sont naturellement prolongés dans les relations étroites entre nos deux Parlements.

C’est le lieu de m’incliner devant la mémoire de notre frère et ami, le Président Amadou Soumahoro, votre prédécesseur qui s’était toujours évertué à développer et consolider ces relations, conformément aux choix de Son Excellence Monsieur le Président Alassane Ouattara et de Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall.

Vous vous êtes inscrit dans cette dynamique, avec rigueur, avec conviction et avec un engagement que je salue solennellent.

Monsieur le Président,

En acceptant de prendre part à cette cérémonie, à la suite de l’invitation que je vous ai adressée, vous avez résolument opté pour la pérennité de cette coopération si fraternelle qui nous unit. Nos prières vous accompagnent pour que notre Créateur vous guide dans la noble mission qui vous est dévolue, au moment où notre continent, l’Afrique est à la croisée des chemins.

Aujourd’hui, le mandat de Son Excellence Monsieur Macky Sall, à la présidence de l’Union Africaine, est en cours. Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, avec ses pairs, apporte sa fraternelle et précieuse contribution à la réalisation des ambitions et des objectifs partagés, avec générosité et efficacité.

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Il convient donc de camper les contextes, pour bien appréhender l’environnement dans lequel nous évoluons ensemble. C’est la raison pour laquelle, il est nécessaire de rappeler les menaces qui planent sur notre sous-région et qui ont un double volet, endogène et exogène.

La respiration démocratique a été interrompue, en un temps très court, dans trois pays de la sous-région. Ces trois pays frères sont dans une phase de transition et subissent, parfois, la violence terroriste meurtrière, péril que nos Gouvernements et nos Parlements s’évertuent à combattre, ensemble, comme un acte de solidarité vitale.

Par ailleurs, le conflit russo-ukrainien, qui dure depuis bientôt quatre mois, entraîne des conséquences dans le coût et l’approvisionnement de l’énergie, des céréales et de l’alimentation du bétail. L’inflation subséquente, malgré le volet social des politiques publiques, complète le périmètre de ces turbulences qui affectent nos populations et nos économies.

Le transport maritime et le transport aérien de produits alimentaires a été lourdement affectés par ce conflit.

Certes, les sociétés humaines, depuis la nuit des temps, en passant par l’Antiquité gréco-romaine, ont souvent connu des soubresauts graves mais, cette fois-ci, c’est l’humanité toute entière qui est en danger, eu égard à la menace d’un recours au potentiel nucléaire.

Ces données nous renvoient aux missions plus ardues de nos Parlements, dans leurs rôles de représentation, de vote des Lois, notamment de la Loi annuelle des finances, de contrôle de l’action gouvernementale et de l’évaluation des politiques publiques.

C’est la raison pour laquelle, l’Assemblée nationale du Sénégal a pris des options claires pour des réformes dont le maître-mot est la modernisation, pour améliorer les outils de travail et le fonctionnement de l’Institution.

Aujourd’hui, l’interprétation simultanée, qui concerne six langues nationales et le français, est une réalité, depuis décembre 2014, grâce à la coopération avec l’Union européenne.

L’USAID et l’ONG 3D nous ont permis de numériser la bibliothèque et les archives qui datent de la période de l’Afrique Occidentale Française, où les huit anciens territoires étaient représentés, en cet hémicycle.

La coopération avec la République de Corée, par le biais de son agence dénommée KOICA, a porté ses fruits, à travers un financement géré avec le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération du Sénégal.

Les deux parties coopéreront pour la réalisation des résultats suivants :

– La modernisation du système des activités législatives qui consiste en la mise en place d’un système de vote électronique et de conférence dans les activités de l’Assemblée,

– La mise en place d’un système de conférence audio et d’interprétation simultanée,

– L’installation de nouveaux mobiliers pour les Députés dans l’hémicycle et dans leurs bureaux, ainsi que dans les salles de réunions des Commissions permanentes.

Le Projet KOICA comprend aussi la numérisation des résultats des activités législatives et l’amélioration de l’accessibilité aux informations législatives, pour les chercheurs, les étudiants et les doctorants.

Dans cette direction, tout sera mis en œuvre pour développer une application capable d’afficher les résultats du vote électronique. Il sera également mis en place un système de gestion des enregistrements pour les activités législatives et le site web de l’Assemblée nationale sera amélioré.

Le Projet prévoit aussi le renforcement des capacités du personnel administratif et des membres de l’Assemblée, en les invitant en stage de formation et en visite en République de Corée. Les femmes Députés ne seront pas en reste dans les programmes de formation.

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Un volet spécial du projet leur est réservé.

La Convention entre l’Etat du Sénégal et la KOICA va être bientôt signée, entre le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et les Autorités coréennes, ici à Dakar. La période couvrira jusqu’à l’année 2026.

Comme vous le savez, tout au long des Législatures XIIe et XIIIe, j’ai pris soin, avec les moyens propres de l’Assemblée nationale, de couvrir les frais de la formation continue des Députés, notamment les plus jeunes. En plus, des efforts appréciables ont été consentis pour maintenir les Assistants parlementaires.

Le Député est un homme ou une femme politique, mais la complexité des situations et des enjeux doit l’amener à se projeter au-delà de la Politiké et à se pencher, avec rigueur, sur les choses de la Cité. Nous devons donc tenir compte des contraintes historiques, et développer nos nécessaires convergences, vitales pour la paix, la stabilité, la sécurité et le développement.  La prochaine entrée du Sénégal dans l’ère de l’économie pétrolière et gazière, implique de nouvelles responsabilités et un nouveau regard sur le monde, sur nous-mêmes, nos obligations et nos devoirs.

Ensemble, toutes tendances confondues, nous devons être animés de cette conscience historique, qui nous place sur les hauteurs, pour scruter les horizons verts, chargés d’espoir, à l’abri des turbulences dévastatrices. Le génie de l’homme doit pouvoir triompher sur les desseins étriqués et sur les plans de carrière, pour aller, par-delà nos singularités, à la rencontre de notre destin commun, expression parachevée de la Nation.

Notre commun vouloir de vie commune est une projection, un continuum qui occupe toutes les séquences temporelles, dans un mouvement qui fait toujours cap sur le devenir, porté par des ambitions partagées, bien campées dans le Plan Sénégal Emergent (PSE) et le Plan d’Actions prioritaires Ajusté et accéléré (PAP2A), élaborés et conduits par le Gouvernement du Président Macky Sall, à qui je rends, ici, encore une fois, le grand hommage qu’il mérite.

Je lui renouvelle mon amitiè, ma confiance et mon engagement, dans le combat qu’il mène, chaque jour, pour le Sénégal et pour les Sénégalais.

Dans cette deuxième Institution de la République qu’est l’Assemblée nationale, l’Exécutif a été brillamment représenté par les membres du Gouvernement, notamment Monsieur Abdoulaye Daouda Diallo, Ministre des Finances et du Budget, Monsieur Amadou Hott, Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Monsieur Samba Sy, Ministre du Travail, du Dialogue Social et des Relations avec les Institutions.

En ce qui me concerne, quels que soient les enjeux, et les circonstances, je me suis toujours employé à garder à l’esprit les priorités liées à l’intérêt général, pour que les populations, notamment les jeunes, puissent continuer à vivre, aujourd’hui et demain, dans un pays et une sous-région stables, hors de portée des aventures destabilisatrices.

Mon ambition, partagée par de nombreux sénégalais, est pour l’Afrique, continent d’histoires et de cultures, cette Afrique que l’on ne regarde pas avec l’attention qu’il faut, celle qui peut être fière d’elle-même et qui doit avoir confiance en son avenir dans le concert des Nations.

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J’ai commencé la rédaction d’un livre que je consacre à cette vision de l’Afrique, la vraie Afrique, celle qui a commencé de se constuire avec des leaders conscients des attentes qui s’élèvent vers eux et qui ne ménagent aucun effort pour affirmer, confirmer et consolider la place de notre continent et de ses cultures, dans le monde.

Mes chers collègues,

Je ne saurais terminer cette allocution sans vous adresser mes vifs remerciements, à chacune et à chacun d’entre vous, très Honorables Députés, pour la considération, le respect et même l’affection que vous m’avez toujours témoignée, en franchissant les barrières politiques, en oubliant les contingences cahoteuses et en validant l’essence de nos missions, dans une osmose de pensées et d’actions concertées, au profit de l’essentiel.

À cet égard, les membres du Bureau et de la Conférence des Présidents méritent des remerciements appuyés.

C’est le lieu de remercier chaleureusement, les Présidents des Groupes parlementaires, mes collègues, les Honorables Aymérou Gningue et Serigne Cheikh Mbacké, qui président respectivement celui de la Majorité Bennoo Bokk Yaakaar et celui de l’Opposition Liberté et Démocratie ainsi que les Honorables Députés  qui ont représenté, chaque mois, les Non-inscrits.

Je voudrais également remercier, à la fois, Monsieur Baye Niasse Cissé, Secrétaire général, et le Professeur Bouna Mohamed Seck, Directeur du Cabinet, ainsi que l’ensemble des Personnels de l’Assemblée nationale qui, dix ans durant, avec la regrettée Marie-Joséphine Diallo, ont entretenu un climat apaisé, propice au travail parlementaire.

Les résultats sont connus et reconnus.

Mon Cabinet, m’a accompagné avec abnégation, dans mes tâches quotidiennes et dans la réflexion. il doit être remercié et félicité.

Mes remerciements vont également aux Forces de Défense et de Sécurité qui, sous la houlette du Colonel Omer Dédouky Minkilane assisté par la Gendarmerie, ont toujours accompli leur devoir avec professionnalisme, pédagogie et discrétion.

J’associe les journalistes à ces remerciements, car ils ont consenti des efforts appréciables, quels que fussent les horaires tardifs de certaines de nos séances. Ils n’ont ménagé aucun effort pour assurer la diffusion et la vulgarisation des travaux de l’Assemblée nationale.

La XIIIe Législature arrivera à terme à la mi-septembre 2022, après les élections législatives du 31 juillet prochain.

Le Sénégal saura, j’en suis persuadé, surmonter, comme hier, tous les obstacles, pour continuer à consolider notre démocratie, outil de gouvernance par excellence, sur les grands chantiers du développement ouverts par le Président Macky Sall.

Monsieur le Président,
Encore une fois, je vous remercie d’avoir consacré de votre temps, à l’Assemblée nationale du Sénégal que vous avez honorée, en effectuant cette visite, malgré votre calendrier que je sais très chargé.

Vive l’Afrique debout, dans un monde de paix et de coopération !

Vive la Côte d’Ivoire ! Vive le Sénégal !

Je vous remercie de votre attention.
Je déclare close la Session Ordinaire Unique 2021-2022.”

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