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Afrique : des progrès dans la lutte contre les violences sexistes malgré les lacunes (Equality Now)

Un nouveau rapport a révélé que les pays d’Afrique progressent dans la lutte contre la violence basée sur le genre (VBG), y compris les mutilations génitales féminines (MGF), grâce à l’adoption de l’approche multisectorielle (AMS) impliquant toutes les parties prenantes du développement et mise en œuvre de programmes de protection et de promotion des droits des femmes et des filles. Cependant, des défis tels que le manque d’engagement politique et des ressources limitées ont un impact significatif sur la mise en œuvre efficace de l’AMS. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Equality Now, une organisation internationale de défense des droits des femmes, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’Initiative Spotlight.

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Publié ce mercredi 23 mars, le rapport « Utilisation de l’approche multisectorielle pour mettre fin à la violence basée sur le genre et aux mutilations génitales féminines en Afrique», se penche sur 11 pays africains où l’Initiative Spotlight a été mise en œuvre, à savoir : Burkina Faso, Éthiopie, Guinée, Kenya, Libéria, Mali, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Tanzanie et Ouganda. Il s’agit d’un programme des Nations Unies visant à éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles, mené en collaboration avec l’Union Africaine et l’Union Européenne.

Le rapport a analysé les diverses expériences des pays et identifié les bonnes pratiques et stratégies adoptées pour prévenir, traiter et éliminer les MGF et d’autres formes de VBG. Il a également constaté que les pays qui ont mis en place une coordination multisectorielle ont rencontré des défis similaires entravant son plein potentiel. Cela inclut des lacunes flagrantes dans la mise en œuvre de l’AMS par les pays, rendues encore plus apparentes à la suite de la pandémie de Covid-19 qui a exacerbé et exposé l’étendue des VBG.

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Bien qu’il existe des preuves de changements positifs dans les normes sociales, une synergie plus forte des actions est nécessaire de la part de différents secteurs sur le long terme. Cela nécessite l’application holistique de l’AMS, rassemblant les acteurs étatiques et non étatiques concernés tout en fournissant une plate-forme pour coordonner le développement et la mise en œuvre des programmes et actions nationaux et allouer des ressources.

Le Sénégal parmi les bons élèves

Tous les pays du rapport ont intégré les luttes contre les VBG et les MGF dans leurs plans nationaux de développement. Seulement, le moyen le plus efficace pour la protection des femmes et des filles est de mettre en place une législation contre les MGF, car cela contribue à accélérer les efforts d’éradication, offrant un recours et un accès à la justice et garantissant l’allocation de financements adéquats. Sur les onze pays cibles, seuls sept ont criminalisé les MGF dans leurs législations nationales et ont donc alloué des budgets aux programmes de lutte contre les MGF : le Burkina Faso, l’Éthiopie, la Guinée, le Kenya, le Sénégal, la Tanzanie et l’Ouganda.

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Tous les pays cibles ont identifié chacune des instances clés responsables de la VBG et des MGF, et ont nommé des points focaux genre pour participer aux mécanismes nationaux de coordination qui sont constitués pour rassembler les acteurs étatiques et non étatiques. Cependant, ces points focaux genre n’ont pas reçu de renforcement des capacités pour leur permettre d’assumer efficacement leurs rôles, et les mécanismes de coordination n’ont pas rempli leurs mandats en raison de fonds insuffisants, d’un manque de leadership et d’engagements forts et d’un suivi faible.

Asenath Mwithigah, responsable mondiale du programme «Mettre Fin aux Pratiques Néfastes» d’Equality Now, a déclaré que de nombreux pays africains ont fait des efforts pour renforcer leurs législations en intégrant des dispositions spécifiques interdisant la violence sexiste et les mutilations génitales féminines. Néanmoins, les pays où les taux de prévalence des MGF sont particulièrement élevés, tels que le Libéria, le Mali, la Sierra Leone et la Somalie, n’ont toujours pas promulgué de lois spécifiques interdisant cette pratique néfaste.

« Si nous pouvons avoir l’engagement politique nécessaire pour garantir que les structures de lutte contre les VBG se reflètent dans les lois, les politiques, les budgets et les plans de développement nationaux, alors nous pourrons véritablement éliminer les MGF », a-t-elle recommandé.

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Mireille Tushiminina, coordonnatrice du programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des mutilations génitales féminines, a félicité l’engagement des sept pays dotés d’une législation nationale sur les MGF. Elle a toutefois ajouté qu’il était nécessaire de donner vie à ces législations en insufflant des données représentatives au niveau national sur les MGF, en créant un organe national de coordination des programmes sur les MGF et en intégrant un système d’examen annuel de la mise en œuvre des programmes visant à mettre fin aux MGF.

« Il existe de nombreux défis liés à la coordination et ceux-ci concernent principalement la fonctionnalité. De même, le manque de systèmes centralisés de gestion de l’information est un défi qui ne facilite pas la disponibilité d’un ensemble complet de données dans la plupart des pays étudiés. La nécessité d’une volonté et d’un engagement politiques forts en tant que moteurs clés de l’utilisation efficace de l’approche multisectorielle (AMS) pour mettre fin aux VBG et aux MGF ne peut donc pas être surestimée », a souligné Mme Tushiminina.

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