Sondage d’opinion sur l’avortement médicalisé: 75% des personnes interrogées favorables si la santé de la femme est menacée

Les résultats d’un sondage national d’opinion réalisé sur l’avortement médicalisé en cas de viol, d’inceste… 75% des personnes interrogées sont favorables à l’avortement médicalisé si la santé de la femme est en danger.

Les résultats d’une enquête de sondage effectuée dans 8 régions du Sénégal (Dakar, Diourbel, Saint-Louis, Tambacounda, Kaolack, Thiès, Kolda et Matam) par le cabinet Continuum et la société internationale de marketing d’opinion Ipsos, ont été présentés en fin de semaine. L’enquête a été réalisée pour le compte de l’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd), en collaboration avec son partenaire l’organisation américaine Planned Parenthood Global (Ppg).  En faisant la présentation du sondage d’opinion, Moussa Boury Sall, consultant et Directeur du cabinet Continuum a révélé que plus de 75% des personnes interrogées sont d’accord pour que l’avortement soit  légalisé si la santé physique de la femme enceinte est en danger.

Le présentateur du sondage précise, cependant, que les personnes favorables à la pratique de l’avortement médicalisé militent en sa faveur seulement si cette pratique peut aider à préserver la santé mentale de la femme enceinte, surtout si la grossesse de la victime résulte  d’un viol ou d’un inceste.  Cependant, 57% des personnes interrogées ne savent pas que l’avortement est autorisé si la vie de la femme enceinte est en danger. D’après M. Sall, sept pour cent des personnes enquêtées ont un avis neutre sur la question de l’avortement.  Les personnes interrogées dans les zones urbaines sont légèrement favorables à l’avortement en cas de risque pour la santé mentale ou physique de la femme enceinte. Par ailleurs, sur un échantillon de 2.021 adultes âgés de plus de 18 ans, seuls 43% savent que l’avortement est autorisé si la vie de la femme enceinte est en danger, 57% d’entre eux ignorent cette disposition de la loi, selon le consultant.

Soixante-trois pour cent personnes enquêtées résident en milieu urbain  contre 37% en zone rurale. Les femmes représentent 52% des personnes enquêtées, dont 75% ont atteint l’âge de procréer.  Le sondage d’opinion a été fait pour recueillir les opinions et mesurer la perception que le public a de l’avortement médicalisé en cas d’inceste et de viol, une pratique à ne pas confondre avec l’interruption de la grossesse, a insisté le président l’Ajspd, Alassane Cissé. Selon lui, il s’agit d’avoir des données pour soutenir  la campagne de communication sur la question de l’avortement. Le Planned Parenthood Global et l’association des journalistes en santé population et développement ont lancé une campagne de communication pour souligner la nécessité d’une loi sur l’avortement sans risque et sensibiliser sur ses avantages, a indiqué  Mengué Niasse, chargée de programme à Ppg. Les résultats du sondage seront utilisés pour élaborer et mettre en œuvre une campagne de communication publique de plaidoyer en faveur d’une réforme de la loi sur l’avortement médicalisé. L’application de cette loi «prohibitive» n’est autorisée que lorsque la vie de la mère est gravement menacée.  Ce qui doit être attesté par trois médecins, et l’un d’entre eux doit figurer sur la liste des experts agréés par le gouvernement.

Le Soleil

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