Me El Hadj Diouf attaque ADO et Condé : « Le 3e mandat est pire que le coup d’État malien »

Me El Hadj Diouf s’est prononcé sur le coup d’État perpétré au Mali. Où il se passe des « choses drôles » qui lui rappellent la crise gambienne avec la chute du président Yaya Jammeh. 

Pour lui, en Gambie, il n’y avait pas de manifestation mais un recours du chef de l’opposition. Malgre tout, « la CEDEAO a fait dans la fumisterie en disant que Yaya Jammeh doit partir. »

Le candidat déclaré à la Présidentielle de 2024 constate que le Mali est traversé par des guerres, complots avec la présence de troupes étrangères. « Ce pays incarne la crise multidimensionnelle. »

combattre les putschistes pour que personne ne s’aventure à prendre le pouvoir par les armes »

Et de déplorer que des putschistes aient arrêté un « président légalement élu, légalement intronisé qui a fait deux ans sur un mandat de cinq ».

« Peut-on reprocher à IBK (Ibrahima Boubacar Keita) d’avoir usurpé le pouvoir ? » se demande Me Diouf tout en pointant ironiquement la présence de troupes de la CEDEAO, de l’Armée française.

« Avec la Gambie, on avait pas menacé de fermer la frontière. On devait donc immédiatement envoyer des troupes au Mali, réinstaller IBK et rétablir l’ordre, combattre les putschistes pour que personne ne s’aventure à prendre le pouvoir par les armes. »

« Macky Sall aussi doit être clair sur le sujet »

A ses yeux, les manifestations n’ont pas dépassé 50 mille personnes. « Or ce ne sont pas ces gens qui ont élu IBK. Les Maliens n’ont pas donné feu vert aux militaires ni à imam Mahmoud Diko. Au Sénégal, (durant la période des rassemblements du M23, en 2012) on n’a pas demandé à l’Armée de prendre le pouvoir, on a attendu la fin du mandat et les élections. Et ce malgré les nombreuses manifestations. Qui est derrière l’imam Diko ? La mobilisation ? Le Mali subit des crises multidimensionnelles, jihadistes, ethnicistes… Après le putsch, il a dit qu’il retourne à la mosquée. Donc c’est peut-être personnel. Cet imam aurait pu mobiliser les Maliens contre l’occupation du Nord. Aujourd’hui, je me pose des questions. Est-ce que la main qui a arrêté Soumaila Cissé ne l’a pas fait contre IBK ? »

Toujours lors de l’émission Grand Jury de la Rfm, ce dimanche, Me El Hadj Diouf rejoint Umar Mballo, président de la Guinée-Bissau qui s’en est pris indirectement à ses homologues Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Alpha Condé (Guinée) lors du dernier sommet extraordinaire de la CEDEAO.

« Le troisième mandat est pire que le coup d’État malien », a-t-il tranché, convaincu que Ouattara et Condé pourraient être traduits devant le tribunal internarional en cas violence.

« C’est honteux, indigne, irresponsable. Tous ceux qui ont rempli ce stade (Houphourt-Bougny, ce samedi pour l’investiture de ADO) sont des chèvres et des moutons ? Dans ce parti (RHDP), aucun homme ne peut diriger la Côte d’Ivoire ? Il me surprend, il est dangereux. (…) En tant qu’avocat de Celou Dalein Diallo, j’ai assisté à des tueries lors de manifestations. Après sa réélection, Alpha Condé s’est permis de modifier la Construction, toute honte bue, pour avoir droit à un troisième mandar. Nous, les Africains, quand va-t-on cesser d’être la risée mondiale, d’avoir des présidents guignols ? La CEDEAO doit arrêter ces présidents gourmands qui se disent qu’après Dieu, c’est eux. Macky Sall aussi a intérêt à être clair sur le sujet. Les enregistrements sont là. Même s’il y a des valets qui disent autre chose. Est-ce qu’il ose revenir dire aux Sénégalais qu’il va consulter le Conseil constitutionnel ? S’il se présente, je serai le premier à me dresser contre lui, les Sénégalais aussi. Mais on est entrain de le travailler au corps, les Mbaye Ndiaye et autres. »

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