Me Augustin Senghor à Pape Bouba Diop : “Gaindé tu seras pour l’éternité !”

Le président de la Fédération sénégalaise de football a tenu ce vendredi un discours émouvant lors de l’hommage national à Pape Bouba Diop (1978-2020). Ci-dessous, les mots de Me Augustin Senghor,

Monsieur le Président République
Président du Conseil économique, social et environnemental

Mr le Vice-président de l’Assemblée nationale,
Mesdames, MM les Ministres d’État,

Mesdames, MM. les Ministres et Secrétaires d’État,

Chers Membres de la Famille de Pape Bouba Diop Chers membres de la Génération 2002,
Chers Footballeurs, Sportifs et Supporters,

Il me revient de faire un témoignage sur Pape Bouba Diop au nom de la FSF.

Vous me permettez de lui parler directement.
Pape Bouba, quand je ne serai plus

Président de la Fédération, l’un des regrets que je pourrai avoir sera de ne pas t’avoir eu comme joueur de l’équipe nationale car tu es de la race des conquérants.

Pape Bouba, tu étais parti de ton Sénégal natal en conquérant,

Tu nous reviens aujourd’hui en conquérant.

Tu as conquis le monde en 2002, le 31 mai et jours suivants en mettant le monde entier en
ébullition et en mettant toutes les puissances du Football à genoux.

Avec tes coéquipiers, vous avez hissé grâce à vos exploits le Sénégal, notre pays à un niveau jamais égalé de visibilité, de prestige et de rayonnement.
Vous avez surtout montré au Sénégalais que le Football n’est pas qu’un jeu mais plutôt un levier puissant de promotion d’un pays quand ceux qui en sont les représentants se subliment par l’engagement, le talent et la virtuosité qui font les grandes équipes et les grandes nations.

Pape Bouba, pour parler de toi, je dirais simplement que tu incarnais sur le terrain à toi seul les symboles de notre Nation .

Dans un même match, tu étais tantôt un
Baobab incontournable et indéracinable pour les attaques adverses, tantôt tu te métamorphosais en Lion bondissant, rugissant et volant quand il s’agissait d’aller à l’assaut des buts adverses.

Les adversaires du Sénégal lors de cette fameuse Coupe du Monde Corée Japon 2002 l’auront appris à leur dépens.

Pour faire simple et Sénégalais, je dirais que quand tes adversaires étaient face à toi, DA NIOU DONE GUISS GOUY MBA NIOU GUISS GAINDÉ. Et dans un cas comme dans l’autre, ce ne fut jamais une partie de plaisir pour eux et leurs supporters.

A l’opposé, pour nous autres supporters sénégalais, toi et ta bande des 23 Lions fantastiques nous avez fait vivre des nuits blanches de rêve et de joie dont les effluves n’ont pas fini de s’estomper encore aujourd’hui.

Pape Bouba, ton brio, ton mordant et ta vaillance sur le terrain n’avaient d’égal que ton humilité, ta sobriété voire ton effacement dans la vie de tous les jours.

C’est la marque des grands hommes qui se subliment jusqu’à la mort quand la Nation l’exige et qui, une fois leur mission accomplie s’abaissent de toute leur envergure au niveau du commun des citoyens.

Ceux-là, qui sont comme toi, le Peuple du Sport, la Nation sait les reconnaître et les célébrer. A ton épouse Marion, à tes enfants Aron et
Awa, à ta famille toute entière, à tes amis de la brillante Génération 2002, à ta Ville natale de Rufisque, ta ville d’adoption de Lens, à tout le Peuple Sénégalais, le Chef de l’État en premier lieu, la FSE par ma voix, présente ses condoléances les plus attristées et s’engage à perpétuer ta mémoire par devoir pour la postérité.

Ton étoile ne s’éteindra jamais parce que tu as oeuvré pour être un modèle des générations futures.

Gaindé, tu as été toute ta vie, Gaindé tu demeures là devant nous, Gaindé tu seras pour l’éternité !

Meunou niou la Fay, Yalla dina la Fay !

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