Licences de pêche : “Les quotas ont été revus à la baisse (UE)

Beaucoup ont fait le lien entre la rareté des poissons et l’embarcation de jeunes sénégalais dans des pirogues à destination d’une “vie meilleure”. Alors qu’on n’a pas fini d’épiloguer sur les licences de pêche accordées aux Chinois, voilà que le président Macky Sall renouvelle celles de l’Union européenne. Une décision qui a fait polémique vu les plus de 480 morts décomptés dernièrement.

Dans un communiqué, la délégation de l’UE au Sénégal apprend que cette convention participe à une “meilleure gouvernance des océans et à la protection du secteur des pêches et des emplois qui en dépendent”.

Ici, “il s’agit d’assurer que les quotas de pêche alloués par le Sénégal aux bateaux européens correspondent à une ressource non ciblée par les pêcheurs sénégalais et disponible en quantité suffisante, en adéquation les principes d’une pêche durable et responsable”.

“Ces quotas concernent exclusivement des espèces bien déterminées – le thon et le merlu noir – et ne font pas l’objet de licences de pêches qui pourraient interférer avec la pêche artisanale sénégalaise. Pour rappel, la pêche artisanale sénégalaise représente environ 400 000 tonnes débarquées par an, et la pêche industrielle (nationale et étrangère) environ 100 000 tonnes Plus de 25% des marins embarqués sur les navires européens sont de nationalité sénégalaise.  Par ailleurs, la pêche au thon dans l’Atlantique est régulée par un organisme international, l’Iccat, dont le Sénégal est membre et dans les instances duquel il est représenté plus haut niveau. Le nouveau protocole a été négocié entre les parties en juillet 2019. Ces négociations se sont appuyées sur une évaluation indépendante du protocole précédent (2014-2019) et les meilleurs avis scientifiques disponibles (sénégalais et européens), ainsi que sur des consultations menées avec les opérateurs et la société civile au Sénégal et en Europe. A la fin des négociations, le protocole d’accord doit encore être adopté par le Parlement européen, qui vient de donner son feu vert ce 12 novembre, puis par le Conseil des Etats membres de l’Ue dans les prochaines semaines. Un processus de ratification est en cours en parallèle au Sénégal. Ce nouveau protocole représente un montant global de plus de 15,25 millions d’euros sur 5 ans, soit plus de 3 millions d’euros par an”, renseigne-t-on.

Pour Irène Mingasson et Cie, ce montant comprend une contribution financière annuelle de l’UE d’un montant de 1,7 million d’euros au Trésor sénégalais, et une contribution qui sera payée au Trésor par les armateurs européens en contrepartie des licences accordées et des captures effectives (et vérifiées par les autorités du Sénégal), estimée à 1,350 million d’euros par an.

Ce nouveau protocole est caractérisé par un appui sectoriel annuel de 900 000 euros par an, en hausse de 20 %, à la bonne gouvernance dans le secteur des pêches du Sénégal, en particulier pour soutenir la pêche artisanale ; mais aussi pour renforcer la lutte contre la pêche illégale, la surveillance des activités de pêche, et la recherche; une durée de 5 ans, qui permet d’apporter la sécurité juridique pour les opérateurs et des garanties de financement stables pour le Sénégal ; une garantie d’emploi de marins sénégalais à bord des navires européens pour au moins un quart de l’équipage ; des possibilités de pêches permettant de mener leur activité dans les eaux sénégalaises à maximum.

10 000 tonnes de thonidés au lieu de 14 000 tonnes, 1 750 tonnes de merlu noir au lieu de 2 000

A leurs yeurs, ces 45 navires opèrent sur toute la longueur de la côte ouest-africaine, et ne sont donc pas concentrés au Sénégal.

Mieux, les quotas ont été revus à la baisse : 10 000 tonnes pour les thonidés (au lieu de 14 000 tonnes précédemment) et 1 750 tonnes de merlu noir (au lieu de 2 000 tonnes). En plus des dispositions introduites pour limiter les captures accidentelles d’oiseaux de mer et de mammifères marins. Surtout, le rôle des observateurs scientifiques a été renforcé : comme indiqué plus haut, les licences de pêches sont accordées à l’issue d’un processus qui prend en compte la recherche scientifique, pour assurer un contrôle de la disponibilité de la ressource halieutique. Le nouveau protocole met l’accent sur la capacité scientifique en conduisant une évaluation annuelle conjointe (à travers le comité scientifique conjoint UE-Sénégal) de l’impact de la pêche par les navires européens et des autres flottes ciblant les mêmes ressources.

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