Lettre ouverte au Conseiller municipal Pape Jean Ndiaye

Monsieur le Conseiller,

J’ai bien écouté votre dernier message aux acteurs politiques de la Médina, sur la nécessité de se trouver un point d’intersection, j’allais dire un profil acceptable et accepté par tous, pour aller à la conquête de la Mairie.

J’ai compris que vous appelez à l’union de toutes les forces de réflexion et d’actions de notre commune pour que, le 23 janvier 2022, soit amorcé un tournant historique qui marque, pour la Médina, la fin d’un cycle et l’aube d’un autre, porteur d’espoirs de développement véritable et durable, dans une Médina réunifiée et solidaire.

Je voudrais, à travers cette lettre, vous réaffirmer ma volonté inébranlable d’œuvrer pour la victoire de BBY-Médina mais aussi de tous les alliés locaux possibles, lors des prochaines élections locales.

Une bonne lecture de la contexture politique nous pousse à dire qu’unis, la victoire sera facile car les Médinois ont fini de comprendre cette nécessité de changer certains paradigmes pour une cité véritablement émergente.

Cela, je l’ai dit au Coordonnateur de notre coalition (de fait ou de droit, selon moi, pour ne pas revenir sur un sujet qui a fait récemment palabre entre deux camps).

Lorsqu’il a bien voulu me recevoir dans ses nouveaux locaux, j’ai essayé d’expliquer au Coordonnateur qu’il ne s’agit plus d’ambitions personnelles que de vouloir se présenter à la Mairie mais de la volonté que nous devons tous avoir pour conforter le Président et présenter une alternative crédible à nos concitoyens.

Je lui ai suggéré d’être pragmatiques en cherchant le meilleur profil pour notre coalition. J’ai ajouté que toute erreur de casting se payera cash.

La suite, on la connaît. Une candidature a été déclarée à la télévision et moi (par discipline politique), j’ai déclaré ma candidature à la candidature de notre coalition, les autres membres ne s’étant pas, pour l’instant, prononcés. Je définis ici la discipline politique comme le simple fait de respecter les règles du jeu tant qu’elles sont respectées par les autres. Elle ne saurait être interprétée comme de la faiblesse.

Dans votre discours, vous m’avez interpellé ainsi que le Ministre Seydou Gueye.

D’emblée, je vous rassure. Je ne suis pas son adversaire politique. Je suis à la tête d’un mouvement qu’il a reconnu et dont il a même parrainé des manifestations. Ce mouvement polarise des hommes et des femmes qui ne sont pas des militants du parti présidentiel ou qui s’en étaient éloignés parce que, selon eux, frustrés ou pas épanouis politiquement. Cela n’engage qu’eux. Ce sont des personnes souvent politiquement aguerries et qui agissent en connaissance de cause. Mon rôle se limite à les maintenir dans l’espace du Benno. Je n’ai jamais « démarché » un membre de l’APR pour adhérer à mon mouvement. Je mets au défi quiconque qui pense le contraire. Je l’aurais imaginé ou voulu, je ne l’aurais jamais fait. Par loyauté. Je considère d’ailleurs que l’APR demeure une perspective naturelle pour la CATB.

Dans le « civil », Seydou est un grand frère que j’aime souvent appeler Grand, « à la médinoise ». Ce rôle de grand frère, il l’a jusque là assumé, louant même mes mérites devant le Président.

Le rôle de petit frère, je l’ai toujours assumé aussi. Jusque là.

J’ai été, pour preuve, un assidu commensal pour partager les délicieux déjeuners de Mme Gueye quand je servais au Plateau.

Je le rabâche, je n’ai jamais dit du mal de quelqu’un. Ma façon de faire la politique est autre. Projet contre projet. Vérités contre dénigrements et contre-vérités. Transparence contre roublardises de toutes sortes. Je suis loin de ces bassesses politiciennes que j’abhorre. Je n’ai jamais engagé une quelconque basse manœuvre politique contre quelqu’un. A fortiori contre un grand frère allié. Au contraire. Je le défends, même s’il ne me l’a pas demandé. Tant que je le peux. Le dernier épisode est son supposé compagnonnage avec le Maire sortant. J’ai expliqué partout que cela est juste inimaginable et que leurs rencontres tiennent plus du protocole républicain qu’à autre chose.

J’aurais été invité par le Maire, je serais moi-même parti même si je sais, qu’en tant qu’individu, il me déteste. Il est regrettable que, sous nos cieux, l’adversité politique est vite transformée en « animosité humaine ».

En politique, le grand frère est un acteur que je sublime encore, par l’intensité, la densité et la structure du discours.

Nous sommes cependant à quelques encablures des élections locales. Des décisions courageuses et lucides doivent être prises. Nous n’avons plus de temps. Nous ne pouvons plus attendre. Nous n’en avons pas le droit.

Il faut juste comprendre que notre mouvement s’est certes massifié mais demeure conscient des dangers d’une désunion politique dans notre camp. Pour tout le monde.

J’ai essayé de joindre le Coordonnateur (de droit ou de fait), mon grand frère Seydou, avant mon dernier voyage, mais en vain. Mon subconscient me laisse imaginer que c’est à cause des caprices du réseau internet de l’opérateur…Pas autre chose…J’en suis là…

En tout état de cause, Monsieur le Conseiller, nous devons tous travailler à créer ou à recréer l’unité et je demeure persuadé que tous ceux qui ont conscience du « danger » prendront, dès aujourd’hui, « leurs chaussures » pour qu’une solution soit trouvée.

La MÉDINA ne mérite pas autre chose que lēneen ak kēneen, dans l’unité.

FRATERNELLEMENT ET RESPECTUEUSEMENT !

Cheikh Ahmed Tidiane BA

Médinois et Président de la CATB

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