“Le blasphème ne relève pas de la liberté d’expression : avis de la Cour européenne des droits de l’Homme du 25 octobre 2018”

Le droit au blasphème, expression étrange, est défendue mordicus par certains comme l’expression « sacrée » serait-on tenté de dire de la liberté d’expression.

Or, cette position n’est ni conforme à la loi, ni aux principes de la Constitutions française, ni même aux principes républicains.

Rappelons quelques définitions.

Un blasphème est selon la définition du Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) une « parole, (un) discours outrageant à l’égard de la divinité, de la religion, de tout ce qui est considéré comme sacré ».

Outrageant, dérivé d’outrage, est le qualificatif clé.

Qu’est-ce qu’un outrage ? « Offense, injure grave de fait ou de parole. »

Donc le blasphème est une insulte, une injure grave.

Le droit au blasphème viole la laïcité
Le blasphème n’est pas une critique ou l’expression d’une opinion contraire à la religion, qui en tant que telle est parfaitement légitime.

C’est une offense, une injure, et à ce titre le blasphème ne rentre pas dans la cadre de la liberté d’expression car la liberté d’expression a des limites connues comme l’injure, la calomnie, la diffamation, etc.

Le droit au blasphème est donc une absurdité puisqu’il s’assimile à un droit à l’illégalité, ce qui est un contre-sens.

Par ailleurs, le droit au blasphème est une négation de la laïcité.

Les représentants de l’Etat sont tenus à une stricte exigence de neutralité religieuse.

Prôner l’injure grave aux religions est une violation manifeste de ce devoir de neutralité et qui plus est un trouble potentiel à l’ordre public.

Enfin, en tant que ferment de la haine religieuse et principe de division social, le droit au blasphème ne peut contenir aucune positivité.

Le blasphème ne fait pas partie de la liberté d’expression.
On le voit donc, le droit au blasphème est indéfendable sous quelques perspectives que l’on se place.

En aucune manière, il ne s’assimile au débat critique ou à l’expression d’une opinion contradictoire à la religion.

L’injure grave n’est pas défendable.

Par Me Amadou Aly Kane

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