Journée Internationale des droits des Filles (11 octobre) : Lettre ouverte des jeunes activistes

Chers Instagram, Facebook, TikTok et Twitter, Snapchat  

Nous représentons les 14 000 filles de 22 pays qui ont discuté à Plan International au sujet des abus en ligne. Nous vous demandons urgemment de travailler avec nous pour mettre fin au harcèlement en ligne qui se produit sur vos plateformes.

Nous adorons vos plateformes : elles font partie intégrante de notre quotidien. Nous les utilisons non seulement pour communiquer avec nos amis, mais aussi pour créer et mener le changement. Or, nous n’y sommes pas en sécurité. Nous y sommes victimes de harcèlement et d’abus. Tous / Les / Jours.

Nous y sommes victimes de menaces physiques, d’injures racistes, de harcèlement sexuel et de propos humiliants sur notre physique. La violence en ligne est grave. Elle entraine des dommages réels et nous réduit au silence.

Avec cette pandémie mondiale ayant déplacé nos vies sur la toile, nous courons plus de risques que jamais.

Saviez-vous que pour 50% d’entre nous, le harcèlement en ligne dont nous faisons l’objet est pire que celui que nous subissons dans la rue? Et qu’en conséquence de ce harcèlement en ligne, 42% d’entre nous perdons confiance et estime de soi ?

La violence en ligne façonne notre identité tout en la critiquant : parmi les filles harcelées, 37% issues d’une minorité ethnique disent l’avoir été en raison de leur appartenance ethnique ou de leur race.

On nous dit « si tu n’es pas capable de faire face au harcèlement, tu ne devrais pas être sur les réseaux sociaux ». C’est absurde. Nous ne devrions pas avoir à gérer cela et à nous rabaisser à un système injuste. Le monde et particulièrement le Sénégal doit arrêter de normaliser la violence en ligne.

Nous savons que beaucoup d’entre vous prennent des mesures pour rendre vos plateformes plus sûres : c’est super, merci à vous !

Mais aujourd’hui, ça ne suffit pas.

 Les filles, dans toute notre diversité, doivent savoir que quand nous faisons l’objet d’abus et de menaces en ligne, nous pouvons vous le signaler et que vous prendrez des mesures.

Notre solution concrète? Soyez nos alliés ! Parlez-nous ! Écoutez nos expériences ! Travaillez avec nous et l’Etat du Sénégal, pour renforcer les mécanismes de signalement de violence à travers la Commission de protection des données personnelles CDP, et les instances du Ministère de la Justice chargé des Droits Humains et de la Bonne Gouvernance, qui répondent aux besoins des filles et tiennent les auteurs responsables.

Le moment est venu d’agir pour que les filles soient #LibresdEtreEnLigne.

Entendez notre appel et contribuez à notre sécurité en ligne.

Veuillez agréer nos sincères salutations.

KHADIDIATOU, 19 ans

Maman, 14 ans du Sénégal

Ndeye Coumba, 18 ans du Sénégal

Julienne 27 ans du Sénégal

Mariama 21 ans du Sénégal

Aminata, 21 ans du Sénégal

Sur le même sujet

Leave a Comment