France : un Sénégalais mis en examen pour le meurtre de son épouse

Mamadou S., 27 ans et né à Dakar, est le principal suspect dans la mort de son épouse Haby S. avec qui il s’était marié au Sénégal. Après 48 heures de garde à vue, il a été mis en examen pour “homicide sur conjoint”, mercredi dernier dans la soirée, puis placé en détention provisoire.

Les faits se sont déroulés dans la nuit de lundi 03 au mardi 04 mai, au quartier de Beaulieu, à Chartres (Eure-et-Loir). Vers 00h50, le Samu 28 est appelé par un homme. Au téléphone, il dit que sa femme ne respire plus. Il raconte qu’il a vu un homme la frapper. Il aurait attaqué l’individu en question avant que ce dernier ne prenne la fuite. Quelques minutes plus tard, quand les secours et la police arrivent, ils trouvent la victime allongée par terre, dans le sous-sol de son immeuble. Elle ne pourra pas être réanimée.

Mamadou S. explique que son épouse était descendue au parking pour récupérer des documents dans sa voiture. Ne la voyant pas remonter, il l’a appelée sur son téléphone portable. Puis il est descendu avec son fils dans les bras.
Les premières constations sur le corps de la victime font état de traces de griffures sur le visage.

L’autopsie, pratiquée mercredi matin, à l’Institut Médico-Légal de Garches (Hauts-de-Seine), a révélé qu’ Haby S. était morte asphyxiée, “par un mécanisme d’étouffement”.

La piste du féminicide

En garde à vue, l’homme, qui n’avait consommé ni alcool ni stupéfiants, nie avoir tué son épouse. Mais les enquêteurs estiment que ces déclarations sont “très incohérentes”. “Le récit fait par Monsieur S. ne correspond pas à la réalité. Bien au contraire, c’est sur lui que reposent de très lourds soupçons”, a indiqué le Procureur de la République de Chartres, Rémi Coutin, lors d’une conférence de presse. La police s’appuie sur l’enquête de voisinage, l’exploitation de la téléphonie, ou celle des caméras de surveillance. L’instruction devra déterminer les circonstances précises du drame.

Le mis en cause, serveur à Paris, actuellement en chômage partiel, n’a pas de casier judiciaire. Et pour l’instant, rien n’indique que le foyer avait des problèmes. Pour le procureur, il pourrait s’agir d’un féminicide, le premier dans le département depuis novembre 2018.

Quant au bébé du couple, âgé de trois semaines – né le 11 avril dernier – il a été placé en famille d’accueil. Un juge des enfants sera saisi pour statuer sur son avenir. Sa mère, âgée de 26 ans, travaillait à la CAF à Paris.

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