“Fragilité et conflits, les plus grands obstacles à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030” (ONU)

« Fragilité et conflits sont parmi les plus grands obstacles à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 », a dit Antonio Guterres lors d’une réunion du Conseil de sécurité ce mercredi. Une façon pour le secrétaire général des Nations Unies d’encourager la communauté internationale à agir tôt, de manière préventive, dans les pays au contexte fragile afin d’éviter des conflits.

« Les conflits sont devenus plus complexes, alimentés par une plus grande régionalisation, la prolifération des groupes armés non étatiques et leurs liens avec des intérêts criminels et même terroristes. Ils durent plus longtemps et deviennent plus difficiles à résoudre », a-t-il constaté.

Selon la Banque mondiale, une personne sur cinq au Moyen-Orient et en Afrique du Nord vit à proximité d’un conflit majeur. En conséquence, les besoins humanitaires se sont multipliés, atteignant les niveaux les plus élevés depuis la Seconde guerre mondiale.

D’ici à 2030, les deux tiers des personnes extrêmement pauvres dans le monde vivront dans des pays fragiles ou touchés par des conflits et la pandémie de Covid-19 a exacerbé ces tendances.

Liens entre conflit et fragilité visibles en Afrique

Le chef de l’ONU a relevé que les liens entre conflit et fragilité sont particulièrement visibles sur le continent africain. Dans la Corne de l’Afrique et au Sahel, la fragilité est exacerbée par des menaces transfrontières telles que le changement climatique, le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et la prolifération des groupes armés.

« Dans la région des Grands Lacs et en Afrique centrale, l’autorité étatique limitée, la présence et les activités continues de groupes armés, les violations des droits de l’homme, l’exploitation illicite des ressources naturelles et le chômage continuent de conduire à l’instabilité », a-t-il ajouté.

Pour faire face à ces tendances, l’ONU travaille en étroite collaboration avec l’Union africaine (UA) et les communautés économiques régionales, a rappelé M. Guterres. Selon lui, les cadres conjoints ONU-UA sur la paix et la sécurité et sur le développement durable sont des instruments clés pour prévenir et résoudre durablement les conflits en Afrique, ainsi que pour renforcer la résilience des États face aux menaces actuelles. 

Le secrétaire général a rappelé que les mesures de prévention et de consolidation de la paix sont efficaces et permettent de sauver des vies et elles doivent être accompagnées d’un leadership, d’un engagement politique et d’un soutien financier au niveau national.

« Toutefois, les investissements de la communauté internationale demeurent insuffisants. C’est pourquoi j’ai demandé à plusieurs reprises d’accroître les fonds alloués à la prévention et à la consolidation de la paix », a-t-il dit, précisant qu’il coprésidera le 26 janvier une conférence de reconstitution des ressources du Fonds pour la consolidation de la paix.

Opérations africaines d’imposition de la paix
Le chef de l’ONU a noté que le déploiement d’opérations africaines d’imposition de la paix autorisées par le Conseil de sécurité est un autre domaine dans lequel le manque de financement durable continue d’entraver les efforts visant à régler les conflits.

« Les opérations de paix de l’Union africaine autorisées par le Conseil de sécurité requièrent des financements prévisibles, flexibles et durables, au moyen de contributions obligatoires », a-t-il ajouté, invitant le Conseil de sécurité à finaliser son débat sur cette question.

Selon Antonio Guterres, les partenariats conclus avec les institutions financières internationales sont un autre moyen de faire en sorte que les secteurs clés reçoivent des fonds suffisants. A cet égard, il a salué la Stratégie de la Banque mondiale en matière de fragilité, de conflit et de violence, qui permettra d’accroître considérablement les investissements dans les mesures de prévention au niveau national. 

Quant au Conseil de sécurité, le secrétaire général a estimé qu’il avait un rôle déterminant à jouer en prenant en compte les liens entre fragilités et conflits.

« En agissant tôt et de manière préventive, en s’attaquant de façon stratégique aux causes profondes des conflits et en parlant d’une seule voix, le Conseil peut mobiliser le soutien politique et financier de la communauté internationale, mettre en lumière les domaines critiques et encourager lorsque nécessaire l’engagement des acteurs des conflits », a-t-il conclu.

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