Femmes pour l’éthique et la conformité en Afrique, une initiative de la BAD et partenaires

Le réseau « Femmes pour l’éthique et la conformité en Afrique » (WECA en anglais) est une initiative à l’origine d’un groupement associatif pour les femmes cadres et dirigeantes menant la lutte contre la corruption et la non-conformité dans les entreprises et les activités commerciales.

Il a mis sur pied lors d’un webinaire coorganisé le 22 octobre par la Banque africaine de développement (BAD), la Coalition pour les opérations éthiques (COE) et du Pacte mondial des Nations Unies. Une réaffirmation de l’engagement de la BAD à travailler pour que le développement durable repose sur la réduction des inégalités entre les sexes, en mettant l’accent sur des axes essentiels comme l’éthique et la conformité.

« Nous invitons les femmes de l’ensemble du secteur privé et du secteur public du continent à se joindre à nous et à participer à la réalisation des objectifs de ce réseau », a dit Vanessa Moungar, la directrice de la Banque chargée du Genre, des femmes et de la société civile.

Pour Sanda Ojiambo, directrice générale du Pacte mondial des Nations Unies, il s’agit de faire progresser de façon coordonnée les pratiques d’entreprises conformes à l’éthique, les mesures anti-corruption à travers le continent et pour permettre à une nouvelle génération de femmes dirigeantes opérant sur le terrain de disposer de nouveaux moyens.

Les membres fondateurs du réseau WECA prévoient de remédier au manque de moyens et de soutien auquel doivent faire face les dirigeants en matière d’éthique. Non sans réduire le déficit en ressources humaines sur le continent dans le domaine de l’éthique et de la conformité, cela en conseillant et en encadrant les jeunes professionnelles pour leur permettre de progresser dans leur carrière. Un tel processus devait débuter à un très jeune âge.

« Il est nécessaire de créer une prise de conscience et une pédagogie au niveau mondial pour aborder la question de l’égalité des sexes d’un point de vue culturel », a détaillé Rhibetnan Yaktal, responsable à l’international de la conformité chez Puma Energy. Et de conseiller aux filles : « Renforcez votre confiance en vous-même. Il n’y a pas de plafond de verre. Il n’y a pas de limites. »

La Covid-19 ne saurait être une excuse pour les entreprises

Le webinaire s’est penché aussi sur les difficultés créées par la Covid-19, d’une nouvelle ampleur en matière de préoccupations éthiques pour l’ensemble des dirigeants, en particulier les femmes. Certains participants ont relevé que les femmes jouent un rôle important dans la lutte contre la pandémie, ce qui entraîne des changements majeurs dans le fonctionnement et les interactions des entreprises. D’autres sont convaincus que le virus ne saurait être une excuse pour les entreprises, leur permettant d’ignorer les problèmes d’éthique et d’intégrité qui existent pour que les systèmes de conformité fonctionnent et résistent aux risques nouveaux et émergents. 

« Les femmes sont particulièrement bien placées pour faire face aux difficultés, aux obstacles et aux crises. Par exemple, les femmes occupant des postes de direction gèrent mieux les effets de l’actuelle pandémie de Covid-19, produisant plus de résultats reposant sur un leadership éthique et une forte intégrité », a relevé de son côté Lisa Miller, chargée de l’éthique et de l’intégrité au sein du Groupe de la Banque mondiale.

« Le secteur public et le secteur privé en Afrique, ainsi que les institutions de la société civile continuent d’accuser un retard dans la mise en place d’une culture de l’éthique et de la conformité dans les entreprises. Le réseau WECA soutiendra la participation des pairs, l’échange d’idées et d’informations sur les meilleures pratiques en matière d’éthique et de conformité, le dialogue sur les problèmes émergents en la matière, et défendra le leadership des femmes dans ce domaine à travers le continent », a ajouté Olajobi Makinwa, cheffe des relations intergouvernementales et de l’Afrique pour le Pacte mondial des Nations unies (UNGC) et membre fondatrice du réseau WECA.

Cette rencontre virtuelle comportait également un volet consacré au harcèlement sexuel subi par les femmes, au cours duquel Paula Santos Da Costa, responsable du Bureau de l’éthique à la Banque africaine de développement, a soutenu qu’il fallait travailler sur une « culture de la parole » et « pour mettre en œuvre une politique de tolérance zéro sur le lieu de travail. »

Vanessa Moungar de rappeler que la BAD appliquait la tolérance zéro en matière de corruption et veillait à ce que toute vulnérabilité liée aux affaires de fraude et de corruption soit détectée rapidement et que de tels risques soient contrôlés tout au long de ses processus et programmes.

Clôturant le webinaire, Sorita Botha, conseillère juridique et conformité chez Distell, a déclaré : « Je suis sûre que nous connaîtrons des exemples de réussite chez les femmes en matière d’éthique et de conformité dans les mois et les années à venir. C’est le début d’une ère nouvelle dans le renforcement de l’autonomie des femmes et de leur capacité à occuper des fonctions de premier plan en Afrique. »

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