Emission d’obligation pour le Port de Dakar : la part importante des fonds africains d’infrastructures

On en sait un peu plus sur l’origine d’une partie des 60 milliards FCfa levés sur le marché financier par le Port autonome de Dakar.

Private Infrastructure Development Group (PIDG), un groupe privé pour le développement d’infrastructures, et le Fonds pour l’infrastructure de l’Afrique émergente (FIAE) ont investi 8,3 milliards de francs Cfa.

Après la Sonatel, c’est la deuxième émission d’obligations du FIAE destinée à une entreprise sénégalaise. Et ce malgré la crise sanitaire.

« Soutenir les zones industrielles autour des grands ports est un objectif de développement économique stratégique essentiel du PIDG et du FIAE »

Les fonds levés vont financer les trois phases du transfert du Port de Dakar du centre-ville vers un site en eaux profondes à 35 km par la mer et 70 km par la route du site existant. Ce port fera partie de la nouvelle zone économique spéciale, qui inclut l’aéroport international Blaise Diagne, ouvert en 2017. Des voies routières et ferroviaires, nouvelles ou modernisées, relieront le port et l’aéroport à Dakar et au réseau de transport régional. Les obligations sur sept ans auront un taux d’intérêt nominal de 6,60 %.

Le bouclage du financement (transfert des fonds du FIAE au Port autonome de Dakar) a eu lieu le 13 octobre, l’obligation émise à la bourse régionale UEMOA.

« Soutenir les zones industrielles autour des grands ports est un objectif de développement économique stratégique essentiel du PIDG et du FIAE. Cela contribue également à renforcer les marchés financiers locaux. Le Port Autonome de Dakar doit être félicité pour sa vision et son ambition. Le nouveau port rendra l’économie du Sénégal plus compétitive à l’international et bénéficiera à toute l’Afrique de l’Ouest », a réagi Roland Janssens, de Ninety One, un des administrateurs du FIAE.

Ndayane, un port de 4e génération

En effet, les installations portuaires du monde exigent des eaux plus profondes, des installations sur mesure pour les chargements spéciaux et des cycles de rotation rapides. Le nouveau port de Ndayane aura une superficie de 1200 hectares.

Bénéficiant d’une profondeur suffisante pour accueillir de très grands navires, au tirant d’eau pouvant atteindre 16,5 mètres, il est construit spécialement pour répondre aux besoins du transport maritime. Les délais de rotation seront réduits de moitié, voire des deux tiers selon la nature du chargement.

Ce sera un port industriel dit de « 4e génération », c’est-à-dire capable de concurrencer les ports les plus avancés du monde. Le transport de conteneurs devrait être le premier bénéficiaire des nouvelles installations. Il sera suivi du trafic routier puis des autres activités.

« En tant que spécialiste régional des marchés financiers, Invictus est fier de pouvoir appliquer son expertise et ses connaissances à la naissance d’un projet de développement d’infrastructure aussi important pour le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest. Le succès de l’émission est un signe encourageant de l’attractivité du Sénégal pour les investisseurs internationaux », a relevé El Hadj Mbacké Fall, PDG de Invictus Capital & Finance, un des principaux acteurs de l’émission d’obligation.

Le PAD a élaboré une stratégie appelée « Port vert » visant à réduire son empreinte carbone. Ce qui prévoit un engagement à planter des arbres à grande échelle afin de compenser la déforestation qui sévit dans d’autres régions du pays.

« Un avenir plus prospère, plus vert »

« La création d’un nouveau grand port afin de desservir les économies de l’Afrique de l’Ouest sur un nouveau site est l’une des premières pierres d’un avenir plus prospère et plus vert pour le Sénégal. Il est très bénéfique pour le Port Autonome de Dakar d’avoir le FIAE et le PIDG à ses côtés dans cette entreprise. Ils apportent une expertise solide du financement d’infrastructures en Afrique et partagent avec nous l’ambition d’un investissement à long terme qui favorisera le progrès économique et social », a mentionné son directeur général, Aboubacar Sedikh Beye.

Le Port de Dakar emploie 1800 personnes. 400 emplois supplémentaires seront créés par le transfert du port. Mieux, la phase de construction devrait donner du travail à environ 3000 personnes.

Le projet prévoit une durée de 10 à 15 ans pour la construction. À Dakar même, le transfert du port libérera des terrains à forte valeur économique. La fin de la plupart des activités portuaires dans le centre-ville aura de nombreux avantages, notamment une diminution importante des embouteillages et de la pollution, ainsi que la stimulation de nouvelles activités économiques sur les terrains de l’ancien port.

Sur le même sujet

Leave a Comment