Dr Massamba Thiam : “Un jeune qui meurt par arrêt cardiaque est un malade qui s’ignore”

La Société sénégalaise de cardiologie (SOSECAR) a tenu son cinquième Congrès ce vendredi 11 décembre 2020, à Dakar. Une opportunité pour le docteur Massamba Thiam d’évoquer la mort subite par arrêt cardiaque constatée dernièrement chez les jeunes.

Il tranche d’emblée : “On ne meurt pas d’arrêt cardiaque comme ça. Quelqu’un qui fait un arrêt cardiaque, c’est un malade qui s’ignore. C’est vrai que c’est décevant. Même nous, médecins, on n’en veut pas. Des patients âgés qui meurent, c’est attendu  Mais un jeune qui meurt, c’est toujours médiatisé.”

Membre du bureau de SOSECAR, il poursuit : “Souvent, pour mourir comme ça, il faut qu’il y ait des facteurs de risque cardiovasculaire. Car si on parle de facteurs, on parle de prévention. Les facteurs de risque cardiovasculaire sont connus : c’est l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol, l’excès de sucre et le tabagisme. Chez les jeunes, surtout, c’est le tabagisme qui entraîne ces problèmes là. Le fait de fumer une cigarette peut même vous créer une crise cardiaque. C’est quelque chose qu’il faut éviter. On peut aussi naître avec des malformations congénitales sans le connaitre. Mais c’est rare, exceptionnel. On peut le voir chez les sportifs. Tout ça veut dire que pour faire du sport, il faut au minimum un bilan cardiovasculaire qui permette de détecter ces anomalies. On a vu le cas de Foé (Marc Vivien, international camerounais tombé sur le terrain le 26 juin 2003 lors d’un match amical contre la Colombie). Il y a également Thuram (Lilian, champion du monde 98 avec la France) qui a arrêté le football mais c’est après qu’on s’est rendu compte qu’il avait une anomalie cardiaque. Ce n’est pas lié à l’entraînement. L’entraînement cause des modifications du muscle cardiaque et on pense que c’est ça. Or, parfois c’est génétique et congénital.”

“Beaucoup de gens n’ont jamais de cardiologue”

Dr Thiam trouve qu’après l’accès des infrastructures sanitaires, il faut surtout informer et éduquer les populations.

“Beaucoup de gens n’ont jamais vu de cardiologue. Si vos parents sont hypertendus ou diabétiques, à partir de 30 ans, il faut vous faire consulter. Parce que ça peut arriver, c’est héréditaire. Vous n’y pouvez rien. Il y a des gens qui sont champions du monde et qui sont hypertendus. Cela n’a rien à voir”, a-t-il averti en marge de Congrès dont le thème porte sur les maladies coronaires.

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