Dix priorités pour une transformation énergétique réussie à long terme (Siemens Energy)

Plus de 2 500 personnes représentants des gouvernements régionaux et du secteur privé, issus des secteurs de l’énergie et de la finance, ont participé à Siemens Energy (19-21 octobre), une conférence virtuelle sur les systèmes énergétiques décarbonés à même de construire des économies plus durables, plus inclusives et plus résilientes. Avec en toile de fond des priorités clés pour faciliter une transition énergétique réussie à long terme et permettre aux pays de prospérer dans un monde à faibles émissions de carbone.

Il est question de contribuer à atteindre les objectifs mondiaux de développement durable, tout en stimulant la croissance économique, en créant de nouveaux emplois et de nouvelles industries et en améliorant le bien-être humain d’ici 2050.

« L’équilibre entre combustibles fossiles et sources d’énergie renouvelables tend vers un portefeuille de produits décarboné. 850 millions de personnes vivent encore sans accès à l’électricité alors que, selon de nombreuses études, la demande mondiale en énergie pourrait même augmenter d’environ 25 % d’ici 2040. La question est donc de savoir comment passer à un approvisionnement en électricité abordable, fiable et durable, tout en améliorant l’accès à l’énergie », a signifié Christian Bruch, patron de Siemens Energy.

Ainsi, le premier des dix éléments clés repose sur l’accès à un approvisionnement énergétique stable, abordable et durable. Un droit fondamental de l’humanité tout simplement, l’accès à l’énergie donne à chacun la possibilité de réaliser son plein potentiel. « Nous considérons comme acquis que nous avons tous la chance d’avoir accès à une énergie fiable, d’alimenter nos vies, qu’il s’agisse de meilleurs soins de santé et d’une meilleure éducation, d’une croissance de l’emploi prospère, de la sécurité alimentaire ou des systèmes de refroidissement durables. L’accès à une énergie propre et durable est la clé qui peut contribuer à ouvrir un avenir prospère à des milliards de personnes », a ainsi développé Damilola Ogunbiyi, directeur général et représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour l’énergie durable pour tous (SEforALL).

Le deuxième axe a trait à la disponibilité d’une énergie durable est le fondement de la prospérité économique à long terme.

« Les énergies renouvelables ont le potentiel de répondre aux besoins énergétiques de la nation de manière durable ainsi que de créer des emplois et d’améliorer les moyens de subsistance dans tout le pays », a rapporté Goddy Jedy-Agba, ministre nigérian de l’Énergie.

Pour ce qui est des feuilles de route nationales personnalisées, essentielles pour réaliser efficacement la transition énergétique, son homologue du Bénin, Dona Jean-Claude Houssou, déclare : « La vision de l’énergie pour le Bénin est très claire. Nous avons élaboré un plan d’action à court et à long terme qui fait de l’énergie une priorité pour le pays à travers quatre projets phares qui se concentrent sur : la modernisation de notre parc thermique pour produire de l’énergie, la restructuration de notre société de distribution, la production locale d’électricité grâce à des partenariats et l’établissement d’un cadre réglementaire qui attire les investisseurs. En deux ou trois ans, nous avons réussi à faire passer la capacité de production d’électricité de moins de 1 % à 60 %, ce qui montre bien que les plans mis en place continuent de produire les résultats escomptés. »

« Les énergies renouvelables étant devenues moins chères et plus polyvalentes »

La quatrième priorité est l’exploitation des forces et de la puissance individuelles des relations multilatérales pour accélérer le rythme de la transition énergétique.

« Les énergies renouvelables étant devenues moins chères et plus polyvalentes, elles ont trouvé leur place dans davantage de solutions. Nous voyons aujourd’hui la mobilité électrique se développer à l’échelle mondiale. Le stockage de l’énergie, les infrastructures des bâtiments, rendent également d’autres technologies plus viables », a soutenu Mohamed Jameel Al Ramahi, CEO de Masdar.

Concernant l’utilisation de technologies existantes hautement efficaces est primordiale pour effectuer la transition vers un monde zéro-carbone, Reem Al Hashimy, ministre d’État chargé de la Coopération internationale, EAU, affirme : « Les Emirats arabes unis s’efforcent également de diversifier le bouquet énergétique en combinant des sources d’énergie renouvelables, nucléaires et propres pour répondre aux besoins économiques du pays. Bien que le monde soit tributaire de l’énergie provenant des hydrocarbures, on observe une évolution vers des sources d’énergie plus écologiques et plus innovantes. Nous sommes convaincus que la diversification est la clé. »

« Nous pouvons intégrer les systèmes d’énergie renouvelable et les systèmes conventionnels d’hydrocarbures »

Le sixième pilier est la transformation du système énergétique en un écosystème intégré pour toutes les nouvelles technologies propres. « L’hydrogène permet à l’énergie à faible teneur en carbone de passer de l’électricité à de nombreux autres secteurs, y compris des secteurs difficiles à décarboner. Les énergies renouvelables ont traditionnellement été limitées à une seule zone géographique. Nous pouvons maintenant intégrer les systèmes d’énergie renouvelable et les systèmes conventionnels d’hydrocarbures – un concept d’économie circulaire du carbone », a analysé Ahmad Al Khowaiter, Chief Technicla Officer, Saudi Aramco.

S’agissant des réseaux de transport et de distribution très souples et fiables constitueront l’épine dorsale intelligente d’un système énergétique décarboné, le CEO de National Grid Saudi Arabia, Ibrahim Al Jarbou, rassure : « Nous travaillons dur pour préparer les réseaux de distribution afin d’atteindre les objectifs ambitieux du Royaume d’Arabie Saoudite de produire 30 gigawatts d’énergie renouvelable d’ici 2025 et 60 gigawatts d’ici 2030. »

Il y a aussi l’accès aux capitaux à des coûts raisonnables jouera un rôle essentiel dans la transition énergétique. « Nous voyons des programmes ambitieux de transition énergétique au Moyen-Orient et en Afrique. Je pense qu’il y a des programmes ambitieux qui feront bouger les choses. De notre point de vue en tant qu’agence de crédit à l’exportation, l’agenda de la région correspond à celui de l’Allemagne. Nous verrons davantage de projets dans la région dans les années à venir et j’espère que nous pourrons les soutenir », a signalé Edna Schöne, membre du board, Euler Hermes.

Une occasion unique d’accélérer la transition énergétique

D’autre part, la collaboration entre partenaires solides permettra de résoudre les problèmes liés au financement de la transition énergétique. « Les marchés des capitaux peuvent récompenser les entreprises qui prennent en considération les technologies vertes, et cela peut se faire en investissant dans ces entreprises, ou même en créant une bourse qui récompense les entreprises qui adoptent de manière proactive un programme ESG [Environnemental, Social, Gouvernance], ou un programme durable dans leur façon de conduire les affaires », a confirmé Badr Al-Olama, directeur exécutif, aérospatiale à Mubadala, directeur du comité d’organisation, GMIS.

Enfin, la dixième et ultime priorité est centrée sur 2020, le temps du changement.

« Nous avons une occasion unique d’accélérer la transition énergétique. La Covid-19 a eu un impact considérable sur les économies du monde entier. Les efforts et les capitaux sont orientés vers une reprise rapide. En unissant et en concentrant nos efforts, nous permettrons aux pays en développement comme aux pays développés de progresser très rapidement vers un avenir prospère et sans carbone », a dit Dietmar Siersdorfer, directeur général, Siemens Energy Moyen-Orient et Émirats arabes unis.

L’événement a été organisé en partenariat avec l’Association des chambres allemandes d’industrie et de commerce (DIHK), la Chambre de commerce et d’industrie arabo-allemande (Ghorfa), le Global Manufacturing and Industrialization Summit (GMIS) et Masdar, un leader mondial dans le domaine des énergies renouvelables et du développement urbain durable, et une filiale à part entière de la Mubadala Investment Company du gouvernement d’Abu Dhabi.

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