Déficit d’eau à Dakar : la forte augmentation de la demande en cause (DG Sen’Eau)

Les nouvelles adductions au réseau hydraulique ont augmenté de 50% à Dakar ces trois dernières années, une situation ayant occasionné une hausse de la consommation à l’origine du déficit d’eau noté dans certains quartiers de la capitale, a révélé Jany Arnal, directrice générale de Sen’Eau, en charge de l’exploitation et de la distribution de l’eau potable en zone urbaine et péri-urbaine au Sénégal.

« Sur Dakar, le nombre de compteurs d’eau de bâtiment et d’immeuble a augmenté, en trois ans, de 50%. C’est-à-dire qu’une simple maison s’est transformée en immeuble et plusieurs appartements de plusieurs pièces d’eau, donc des consommations importantes », de l’ordre de 80.000 m3 par jour, a-t-elle indiqué.

Cette situation explique le déficit d’eau noté dans certains quartiers de Dakar, soutient Mme Arnal au terme, ce jeudi, d’une visite des travaux de la troisième usine de traitement d’eau de Keur Momar Sarr (KMS3).

« Aujourd’hui, il y a un manque d’eau dans certains quartiers. Il faut savoir que les consommations en cette période de chaleur augmentent. Nous sommes en période de pointe », sans compter « une évolution démographique et une urbanisation galopante », a-t-elle souligné, en présence de son homologue Charles Fall de la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES), chargée de la gestion du patrimoine de l’hydraulique urbaine, du contrôle de la qualité de l’exploitation et de la sensibilisation du public.

Des associations de consommateurs étaient également présentes à cette visite, à l’image du président de la Fédération sénégalaise des associations de consommateurs, l’imam Youssoufa Sarr.

Mme Arnal assure que « tous les ouvrages fonctionnent. Les forages ont été réhabilités et 10 autres équipés », mais face à l’augmentation de la consommation, à l’urbanisation doublée d’une concentration des demandes, « on est parfois en déficit dans certains quartiers, surtout en période de pointe ».

« L’usine de KMS3 est là pour répondre à ces demandes grandissantes », a-t-elle promis, soulignant que l’équipe appelée à s’occuper de cette usine « de dernière technologie » a été déjà recrutée et formée, a indiqué la DG de Sen’Eau.

Interpellée sur le prix de l’eau, qui aurait augmenté selon certains consommateurs, Jany Arnal a assuré du contraire, puisque le système de facturation reste le même et demeure « lié au compteur d’eau et aux mètres cubes qui sont passés »

« S’il y a des anomalies sur les factures, nous avons des agences d’accueil et nous avons déjà instauré un dialogue avec les associations de consommateurs. Et je vais demander à mon service communication de mettre en contact la directrice clientèle et le représentant de consommateurs pour traiter les cas où il y aurait des anomalies afin d’expliquer la facturation », a-t-elle dit.

La directrice générale de Sen’Eau dit avoir été interpellée sur cette question par beaucoup de personnes, « mais quand nous avons vérifié, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des fuites d’eau à leur niveau qui faisaient monter les m3 ». 

Elle a annoncé que sa société va disposer d’un nouveau logiciel qui va permettre de digitaliser la relève. « Au lieu de relever avec un stylo et de rentrer pour saisir, nous allons le faire avec une sorte de téléphone portable pour pouvoir alerter le client immédiatement, si nous voyons un index anormalement élevé », a-t-elle précisé.

Cette nouvelle technique « sera un plus et permettra de fiabiliser la relève », a-t-elle indiqué, avant de conclure : « Nous avons travaillé avec les associations de consommateurs pour pouvoir éditer, dès l’année prochaine, de nouvelles factures plus compréhensibles et lisibles ».

Aps

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