De la grève du pain à la grève du blé (par Guy Marius Sagna)

Le Rassemblement des boulangers du Sénégal (RBS) menace de faire 02 jours sans pain.

Nos compatriotes sérères, comme à l’époque de Zola, crient “Du pain ! Du pain ! Du pain !”

Thomas Sankara disait que pour savoir c’est quoi l’impérialisme, il fallait regarder dans nos bols.

Nos petits-déjeuners sont faits – pour l’écrasante majorité – à base de pain de blé.

Le paysan sénégalais ne cultive pas le blé. Nous délaissons son mil, son maïs, son sorgho…pour enrichir les multinationales du blé et dépendre des bourses des céréales de Chicago, Paris qui spéculent avec nos ventres.

Résultat : ce sont 91 milliards de francs CFA d’importation de blé chaque année au Sénégal. C’est ce qu’on appelle créer des emplois ailleurs et créer le chômage chez nous avec nos dents. Alors, nos jeunes victimes de l’émigration irrégulière sont en réalité sur les traces de ces 91 milliards francs CFA chaque année.

C’est ce qu’on appelle aussi la détestation de soi. Notre cher Cheikh Anta Diop aurait dit: nous sommes tellement aliénés que non seulement “la vérité sonne blanche” mais même le petit-déjeuner est blanc.

Et pourtant, dans le blé, il y a du gluten nocif pour la santé.

C’est aussi la même chose pour le lait. 65 milliards d’importation chaque année au Sénégal.

Responsabilité individuelle ? Assurément !
Responsabilité étatique surtout. Aucun peuple ne naît avec le gêne du patriotisme, du panafricanisme. Quand les élus d’un peuple sont apatrides, leur consommation est nécessairement extravertie.

Dommage, même des membres du gouvernement ne savent pas ce qu’est une économie extravertie.

Produire ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons ne peut être une réalité – non marginale – qu’avec des élus anti-impérialistes panafricains.

Ensemble nous vaincrons.

PS :
Ce pain est fait avec du maïs.

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