Dakar : un professeur pleure l’agression mortelle d’un brillant étudiant

Des lâches criminels ont ôté la vie à un jeune et brillant intellectuel à coups de couteau, à 21h 30mn, dans une capitale dite en sécurité et qui se dit avoir la meilleure police de l’Afrique.

Ils ont mis fin au rêve de ce jeune homme plein de vertu et d’une belle intelligence reconnue de tous.

Ils ont mis fin à l’espoir de toute une jeunesse et de tout un peuple qui pouvait compter sur cet enfant exemplaire pour un avenir meilleur.

Ils ont mis fin, avec un simple couteau à l’espoir de ses deux parents dont il est le fils unique.

Je revois les visages rayonnant de joie de ses parents lors de sa soutenance de Master en Agroforesterie à l’UASZ le 17 janvier 2020. J’étais le président de son jury et je n’oublierais pas le témoignage de son père sur les qualités humaines de son unique fils.

Ahyi a eu son diplôme avec la mention très bien, rien d’étonnant il a été toujours major de sa promotion depuis la licence 1 en agroforesterie jusqu’au Master.

Ces lâches, ne connaissaient rien de tout ça, ils ont juste vu son petit sacoche en bandoulière et pensaient s’enrichir avec les quelques pièces de monnaies qui s’y trouvaient. Pour cela, Ils lui ont ôté sa vie.

Malheureusement, vue la fréquence de ce genre d’incident, il semble que ce pays se contente de regarder sa jeunesse verser dans le banditisme, la drogue et à tuer leurs frères et sœurs pour milles ( 1000 ) Franc CFA ou moins, des fois.

Si on ne se réveille de « notre sommeil de lion », ça ira de pire en pire.

Combien de jeunes sont dans la rue sans aucune occupation ni espoir d’occupation, après le bac, après leur licence, leur master et même leur doctorat.

A la longue ils finissent par se détester eux-mêmes et détester tout le monde. Ceux qui n’ont pas beaucoup de chance versent dans des actions et des comportements qu’ils ont appris à détester dans les amphis et dans les écoles.

Je ne parle pas de politique, c’est juste le cri de cœur d’un professeur anéanti par le tragique assassinat d’un de ses brillants et valeureux étudiants.

Si un de ceux qui me lisent est proche de ceux qui nous dirigent dites-leur que c’est dur pour nous de vivre ça, que nous avons peur pour nos étudiants, nos enfants, et la jeunesses de notre pays et que ce pays et sa jeunesse ne méritent pas ce sort.

Reposes en paix, cher Ahyi Joel Celestin Philippe

Prof CHARAHABIL Mohamed M.

Chef du département d’Agroforesterie Université Assane Seck de Ziguinchor./Sénégal

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