Covid – Macky Sall aux sceptiques : “Pensez aux morts et à leurs familles endeuillées”

Le président de la République a rendu hommage au professeur Moussa Seydi, ce mardi, lors de l’inauguration du bâtiment du Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de l’hôpital Fann. Un chef-d’oeuvre à 4 milliards FCfa. Macky Sall a saisi l’occasion pour appeler à plus de responsabilité pour éviter une propagation du virus au Sénégal. Extraits.

“Je voudrai solennellement renouveler mon appel à la population. Un appel à la vigilance et à la responsabilité et au respect des règles de prévention contre ce fléau mondial. Ces règles ne sont pas prescrites du simple bon vouloir des pouvoirs publics mais sur la base de recommandations médicales venant d’experts les plus qualifiés dont les avis font autorité en la matière.”

“Vous vous mettez en danger et vous mettez les autres en danger”

“A tous ceux qui continuent d’ignorer les gestes barrières, de négliger le port correct de masque, de ne pas observer la distanciation physique et pire de nier l’existence de la covid, vous vous mettez en danger. Je salue la mémoire du général Mamadou Niang, un soldat dans l’âme qui a servi son pays jusqu’au dernier souffle. J’ai eu l’honneur de le remplacer à la tête du ministère de l’Intérieur. Je l’ai suivi par la suite quand il a été à la deuxième section de nos Forces armées. Il s’est toujours engagé pour être au service de nos concitoyens, à la recherche de consensus les plus difficiles. Il y a un mois, je l’ai reçu sur le même sujet à la tête de la commission cellulaire. Nous venons de perdre un homme d’exception. Je voudrais à travers ce témoignage saluer la mémoire de tous ceux qui nous ont quittés du fait de la Covid-19, ici et ailleurs, et prier pour le repos de leurs âmes. Vous vous mettez en danger et vous mettez les autres en danger. Pensez aux morts et à leurs familles endeuillées. A ceux qui pensent que la maladie n’est qu’une pure fiction, pensez aux guéris qui gardent encore dans leur chair les séquelles terribles de la maladie. Au front de la lutte, le corps médical fait de son mieux, mais il ne peut pas, à lui seul, gagner ce combat. Face à la hausse des cas positifs, ces derniers temps, des cas graves et des décès, nous devons redoubler de vigilance. Notre victoire ne pourra être que collective. Il faut penser aux malades et à leurs souffrances et les séquelles de cette terrible maladie. C’est pourquoi, je renouvèle mon appel à la vigilance et à la responsabilité de tous pour pour le respect strict des gestes barrières – le port correct du masque, le lavage fréquent des mains, la distanciation physique et la restriction des déplacements et rassemblements non nécessaires. C’est par ces moyens que nous pourrons freiner la propagation du virus et vaincre la maladie. Il y va de la préservation de nos vies et de notre santé.”

“Renforcer les moyens de motivation du personnel de Santé”

“S’agissant du personnel médical et paramédical, je demande au ministre de la Santé (Abdoulaye Diouf Sarr) de renforcer les moyens de motivations pour la réactivation de l’ensemble des centres de traitement épidémiologiques (CTE), puisque la guerre n’est pas terminée, malheureusement. Il faut qu’on réactive l’ensemble des CTE et que les moyens appropriés soient apportés pour qu’on puisse poursuivre ce combat.”

“Il faut accepter la liberté des scientifiques et des universitaires”

“Si j’ai tenu à présider personnellement cette cérémonie d’inauguration des nouveaux locaux du service des maladies infectieuses et tropicales, c’est pour marquer une fois de plus la priorité élevée que j’accorde dans le Plan Sénégal émergent (PSE) à l’amélioration de la performance de notre système de santé. Cela, par la réalisation d’infrastructures sanitaires modernes, à la hauteur de nos ambitions. Lorsque le professeur Seydi m’en a parlé, je lui ai dit d’aller le plus loin possible, peu importe les moyens. De faire en sorte que le centre qui sortira de terre puisse se terminer avant la fin de l’année. Et il a réussi ce pari. Mais surtout faire un centre ultra moderne qui réponde aux meilleurs standards internationaux. Cela aussi a été réussi. La pandémie qui tient la planète entière en haleine depuis plusieurs mois voire une année, montre la pertinence de notre stratégie d’investissement dans la santé à travers le PSE. Surtout dans un monde globalisé et interconnecté où les maladies se transmettent à la vitesse des moyens de transport moderne. Ce projet qui a vu le jour grâce à l’esprit d’initiative et la détermination du professeur Seydi ainsi que le SMIT vient à point nommé. Vous êtes un homme d’initiative et de générosité. C’est vrai, il faut accepter la liberté des scientifiques et la liberté des universitaires et moi cela ne me gêne nullement d’avoir des échanges tant avec la tutelle, les docteurs et les professeurs. C’est vrai que cela peut déranger si on n’est pas prêt à accepter la liberté des scientifiques. Donc je salue cet esprit. Et c’est pourquoi, j’ai tenu à vous accompagner de la manière la plus forte qui soit.”

“4 ou 5 milliards FCfa pour la maintenance des infrastructures”

“Au-delà du centre des maladies infectieuses, nous avons un ambitieux programme sur la santé et sur les hôpitaux et nous aurons l’occasion avec le ministre de la Santé de revenir sur l’ensemble de ces questions. S’agissant du professeur Seydi, je sais que votre souhait, c’est de voir ce centre se perpétuer. Et c’est pourquoi, nous avons des problèmes souvent en Afrique et le Sénégal ne fait pas exception. Nous savons construire de belles choses mais nous ne savons pas assurer la maintenance. Ça c’est un défi. Il faut qu’il y  des budgets de maintenance dans le budget de l’Etat. Un matériel s’entretient. S’il n’y a pas de maintenance, lorsqu’on reviendra d’ici 5 ans, excusez-moi du terme, je ne vais même pas traduire ce que j’ai en tête. Monsieur le ministre de la Santé, il faut que la question de la maintenance de nos infrastructures soit une priorité. Il le faut certes dans les budgets qui sont insuffisants mais tout cela est important. Et cette année on a augmenté le budget du ministère de la Santé, on est à 216 milliards FCfa. Cette année, il faut prévoir 4 ou 5 milliards pour la maintenance des infrastructures. Il faut prévoir quelque chose pour le dispositif, même si tout va dans la motivation. Elle est importante la motivation, il faut quand même réserver un peu pour la maintenance des infrastructures. Il faut des changements, c’est les réformes que j’attends d’ailleurs pour vraiment déclencher le programme de modernisation que je magnifie. J’attends toujours le ministre. Il me dit qu’il va présenter des réformes. Donc c’est pourquoi je salue l’idée d’une Fondation pour accompagner l’hôpital.”

“Le professeur Seydi méritait le nom de ce centre”

“Je sais qu’il n’est pas habituel de donner le nom d’un centre à celui qui exerce la responsabilité mais le professeur Seydi le méritait parfaitement. Pour son engagement altruiste et patriotique, si rare de nos jours. Pour rappeler à la face du monde qu’au-delà de l’acte de soigner, la médecine est avant tout une expression d’humanité à l’endroit du patient, d’être au service du bien commun. Je vois que la tâche a été ardue, difficile. C’est normal, votre mérite n’en est que plus évident. Car en sagesse plus grand est l’obstacle, plus grande est la gloire à surmonter.”

“Faire du Sénégal, un hub”

J’ai tenu à ce que l’Etat participe à la réalisation du projet dont le budget restant est de 1,5 milliard. Ce centre mérite notre appui comme nous devons appuyer les autres infrastructures pour la formation de nos professeurs, faire du Sénégal, un hub en matière d’expertise médicale et biomédicale. Cette belle performance nous réconforte dans la conviction de la qualité de nos ressources humaines, le Sénégal en dispose de rang mondial. Notre défi est d’en former davantage et de poursuivre l’amélioration de notre plateau médical. C’est pourquoi, nous avons mis en place un plan d’investissement de la Santé et de l’Action sociale résilient et pérenne sur la période 2020-2023. Ce plan vise à améliorer l’offre de service de Santé et de l’Action sociale à travers notamment la mise aux normes des infrastructures et des équipements, le renforcement de la disponibilité en personnel qualifié notamment avec le recrutement de 500 médecins et agents de santé.”

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