Centre mondial pour l’adaptation : des experts prônent l’adaptation de l’Afrique face au changement climatique

Par visioconférence, les experts ont donné des pistes probantes en marge du lancement du bureau régional pour l’Afrique du Centre mondial pour l’adaptation (GCA), en milieu de semaine, à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Ainsi, à l’occasion de la deuxième session du Forum sur les partenariats, les experts et autres intervenants ont évoqué les enjeux de l’adaptation face au changement climatique.

Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a convoqué le contexte particulier de son pays et de l’Afrique de l’Est qui fait face à la menace des criquets pèlerins dans un contexte de Covid‑19. Son homologue du Ghana, Nana Akufo‑Addo, d’insister sur l’importance de la mise en œuvre de projets de recherche, dont celui mené par son pays et prévu pour démarrer en 2021, en lien avec l’université d’Oxford.

Les bénéfices d’une coopération Sud-Sud ont été mis en exergue par le professeur Saleemul Huq, directeur du Centre international sur le changement climatique et le développement (IIED), du Bangladesh, qui a appelé au renforcement de la coopération entre l’Asie et l’Afrique, et à l’échange d’expériences sur « l’adaptation à base communautaire ». Il a également exhorté à une meilleure implication des jeunes et à leur mise en réseau au niveau mondial dans le domaine de l’adaptation.

Le lien a été fait entre la crise sanitaire qui demande des fonds, le besoin de plus d’investissements dans l’adaptation en réponse au changement climatique et la sécurité alimentaire des populations africaines.

« Les pays africains font face à des crises jumelles : la crise sanitaire et celle issue des méfaits du changement climatique. L’objectif clé est de lutter contre la faim, ne laisser personne sur le bord de la route. Il faut accroître les solutions naturelles. Le talent et le leadership sont présents en Afrique », a dit Hans Olav Ibrekk, directeur politique du ministère norvégien des Affaires étrangères.

« Nous avons besoin de nous concentrer sur quatre actions clés : l’adaptation doit être intégrée aux politiques nationales ; il faut prendre en compte du genre et mettre en place des systèmes d’alerte précoce ; car enfin, les bonnes réponses aux catastrophes naturelles permettent d’en atténuer les effets », a affirmé Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification.

« L’heure est à l’action »

Arlette Soudan-Nonault, ministre congolais du Tourisme et de l’Environnement et coordonnatrice de la Commission climat de l’UA pour le Bassin du Congo, a souligné l’importance du partenariat par rapport à la sauvegarde des ressources du continent et la problématique de la désertification : « Nous courons après le temps. Le Bassin du Congo est le deuxième poumon écologique de la planète. L’heure est désormais à l’action et dans cette perspective, nous nous réjouissons de la création du GCA Afrique car il nous permettra de lever des fonds. »

Ibrahima Cheikh Diong, directeur général de la Capacité africaine de risques (ARC) « il faut arriver à combiner l’adaptation, l’atténuation et la résilience, parce que le plus important reste la protection et le soutien aux populations. »

Quant à Anthony Nyong, directeur du changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement (BAD), il a parlé de l’unanimité sur la nécessité d’accélérer les actions relatives au changement climatique en Afrique. Non sans constater le soutien des partenaires au développement pour des actions concrètes.

GCA Afrique aura aussi pour objectif la mise à l’échelle du continent des solutions d’adaptation proposées, le partage et la diffusion des connaissances et l’harmonisation des politiques, des moyens et des ressources pour mieux optimiser la réponse africaine face aux défis du changement climatique. GCA Afrique appuiera les efforts visant à améliorer la sécurité alimentaire d’un milliard de personnes en Afrique subsaharienne d’ici à 2030 grâce à un programme sur le bien-être rural et la sécurité alimentaire.

La BAD abrite le bureau africain du GCA.

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