Me Moussa Diop tance Macky Sall : “J’ai été refroidi en pleine guerre”

“J’ai été refroidi en pleine guerre”, a dit Me Moussa Diop en commentant son limogeage de la direction de Dakar Dem Dikk, conséquence de ses propos sur un éventuel troisième mandat de Macky Sall, tenus le 24 août dernier.

Invité du Grand Jury de la Rfm, ce dimanche, le leader de AG Jotna pense surtout avoir écopé de blessures, en plein procès, de la part de celui qu’il défendait : Macky Sall. “C’est normal que je pardonne à Barthélemy Dias par l’entremise de Ousmane Sonko”, s’est-il justifié.

A ses yeux, elle est faite dans les règles de l’art, la vente du terrain de la société de transport public à l’Alliance pour la République (APR) pour la construction de son siège. Primo, le terrain a été évalué par des experts à 1 milliard de francs Cfa avant que le Conseil d’administration ne valide le projet. Aujourd’hui, dit-il, jusqu’en 2019, tous les corps de contrôle de l’État n’ont relevé aucune faille sur sa gestion. Maintenant, il ne sait pas si l’APR a demandé à l’autorité compétente (maire de Mermoz Sacré-Coeur, Barthélemy Dias) l’autorisation de construire. En revanche, précise-t-il, en matière de droit, si celui-ci refuse de l’accorder sur une période de 28 jours, cela vaut autorisation.

Beaucoup voyaient en la médiation du patron de Pastef, une alliance en gestation. “Je ne suis pas dans l’opposition. La rencontre avec Sonko et Dias n’était qu’une médiation. Aucune question politique n’a été évoquée. C’est moi qui ai été insulté. C’est moi qui ai pardonné. Je suis comptable de ce qui a été fait de 2012 à maintenant”, tranche Me Moussa Diop.

Avec Mimi Touré, contre le 3e mandat

Il avoue ne pas être en contact avec d’autres ministres limogés comme Aly Ngouille Ndiaye, Makhtar Cissé, Amadou Ba. Mais avec Aminata Touré. Et promet de tout faire pour empêcher un troisième mandat de leur ex mentor. Sans complexe.

Pour lui, l’ancienne président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ne saurait cautionner un troisième mandat de Macky Sall. “La mouvance présidentielle n’appartient à personne. Le mérite revient au petit poucet qu’est la coalition Macky 2012. Sans nous, il ne serait pas. Dans cette mouvance, il y a Benno Bokk Yaakaar et d’autres qui ont leur mot à dire. Je travaille avec beaucoup de gens. Certains ont quitté l’APR pour me rejoindre. Pour le moment, je m’occupe de mon parti, AG Jotna. Mais je suis dans le camp B, ceux qui disent la vérité. Il y a plein de gens qui ne vont jamais se manifester avant 2023. Ils sont dedans et dehors. Ministres ou pas.”

100 jours sont passés depuis son limogeage à la tête de DDD où il a fait 6 ans. Il relève avoir dit des choses avec une précision chirurgicale mais personne ne bouge. Or il a suffit que sa “sœur” Mimi Touré répète la même chose pour qu’elle essuye des insultes de tout bord. Et de se répéter : l’histoire du troisième mandat est une question dépassée. Wade a trouvé une constitution sans limitation de mandats. Avant d’y revenir. Ce qui n’est pas notre cas, au plan juridique et moral, par rapport au respect de la parole donnée. Macky Sall a serré la vis dans l’article 27 en disant que nul ne peut faire deux mandats.”

Idrissa Seck snobé

Le leader d’AG Jotna n’a souhaité parler de ce monsieur là. Comprenez Idrissa Seck. Qu’il classe dans la catégorie de gens qui sont dans des deals, des protocoles. Qui changent complètement de veste. Sinon à quoi sert un programme électoral, de parler d’institution budgétivore pour venir s’y retrouver après, s’interroge-t-il.

L’avocat de rappeler que lorsque le président Macky Sall se faisait lyncher par le nouveau président du CESE, c’est Mimi Touré qui le défendait. “Je ne suis pas dans le ‘mbourok ak sow’ mais dans le ‘soukeur ak sow’… Il faut un pouvoir qui dirige et une opposition qui s’oppose. Sinon, ça fausse le suffrage”, analyse-t-il, convaincu en outre que la suppression du poste de Premier ministre a été une erreur historique.

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